Un collectif de familles des victimes de la catastrophe ferroviaire
d’Eseka a déposé plainte mercredi devant la justice camerounaise contre
le groupe Bolloré, principal actionnaire de la société Camrail. Survenu
le 21
octobre dernier, le déraillement d'un train à Esaka a fait au
moins 79 morts.
La plainte, déposée le 2 novembre devant le tribunal de grande
instance d’Eseka, vise, via Camrail et Bolloré Railways, « le groupe
Bolloré dans son ensemble », selon Guy Olivier Moteng, l’avocat du
collectif, contacté par Jeune Afrique. Celui-ci compte à l’heure actuelle 28 personnes mais pourrait encore s’étoffer, selon les prévisions de l’avocat.
L’objectif de cette plainte est de mettre en lumière la chaîne de responsabilités ayant abouti à la catastrophe ferroviaire du 21 octobre
et d’obtenir une indemnisation complète des familles des victimes. Pour
cela, la plainte vise le directeur général de Bolloré Railways, le
directeur technique ainsi que plusieurs membres du personnel de Camrail,
dont le conducteur.
Vers une plainte en France
« Nous pointons des défaillances, des négligences et omissions de
porter secours », a en outre précisé Guy Olivier Moteng à l’AFP. « Nous
travaillons avec des experts et sommes en mesure d’affirmer sans risque
de nous tromper que le système de freinage était défaillant. »
Les actions en justice ne devraient pas s’arrêter là. Le collectif a
entamé les démarches en vue d’un dépôt de plainte contre le même groupe
Bolloré devant la justice française. Il envisage également de saisir la
justice administrative au Cameroun, contre l’État camerounais, au motif
que l’afflux de passagers chez Camrail, qui aurait engendré la
catastrophe, a été provoqué par l’effondrement de la route nationale 3.
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