Débat démocrate : Michael Bloomberg, cible de toutes les attaques

Les candidats démocrates ont débattu dans l'enceinte de l'hôtel Paris Las Vegas, à Las Vegas, dans le Nevada, le 19 février 2020.
Six candidats démocrates se sont affrontés mercredi soir dans l'État du Nevada, dont la primaire se
déroule samedi. Une première pour Michael Bloomberg, qui a été critiqué de toute part. De manière générale, le débat s'est focalisé sur les attaques personnelles.
L'entrée sur le ring démocrate de Michael Bloomberg fut telle qu'anticipée. Peinant à se défendre, le candidat aux primaires démocrates a essuyé les nombreuses attaques de ses cinq adversaires présents au débat à Las Vegas (Nevada), mercredi 19 février. Mais il n'est pas le seul à avoir été pris pour cible : le sénateur du Vermont, Bernie Sanders, a également été fustigé pour les agissements de ses partisans, quand Pete Buttigieg a semblé s'acharner sur le manque de connaissances d'Amy Klobuchar.
Le ton du débat, d'une intensité rare, a été donné dès les premières minutes. Le milliardaire, qui faisait son baptême du feu, a été attaqué d'entrée pour le "stop-and-frisk", une politique de contrôle au faciès mise en place lorsqu’il était maire de New York. Cette pratique, pour laquelle Michael Bloomberg a présenté ses excuses, visait les "Afro-Américains et les Hispaniques de façon indécente", a tonné Bernie Sanders. Le nouveau venu dans la compétition a également été interpellé sur ses propos sexistes, les accords de non-divulgation passés avec des femmes agressées ou son manque de transparence financière.
"Un milliardaire qui traite les femmes de grosses nanas et de lesbiennes à tête de cheval. Et non, je ne parle pas de Donald Trump, mais de Michael Bloomberg", a ironisé Elizabeth Warren. Des attaques qui ne sont pas étrangères à son statut de troisième homme, selon les derniers sondages nationaux publiés mardi.
L'utilisation de sa fortune personnelle – Michael Bloomberg est le neuvième homme le plus riche du monde en 2019, selon Forbes – a également été étrillée par les candidats, la sénatrice Amy Klobuchar moquant gentiment sa campagne presque exclusivement publicitaire – il a déjà dépensé plus de 400 millions de dollars (370 millions d’euros) en spots. Les sénateurs Bernie Sanders et Elizabeth Warren n'ont, eux, eu de cesse d'opposer la situation de Michael Bloomberg à celle de la classe ouvrière. "Les démocrates prennent un énorme risque si on ne fait que remplacer un milliardaire arrogant par un autre (...). Il est temps d'avoir un leader qui soit du côté des classes moyennes", a plaidé la sénatrice du Massachusetts. Des critiques qui ont aussi effleuré Joe Biden, plus consistant qu'à l'accoutumée.
Attaqué sur tous les fronts, Michael Bloomberg a choisi la défense, plutôt que l'attaque. Il s'est ainsi confondu en excuses pour sa politique de "stop-and-frisk", a balbutié qu'il avait trop de fiches de salaires pour les communiquer avant la fin des primaires démocrates et a assuré redistribuer son argent. Mais il a peiné à convaincre, n'arrivant pas à s'imposer parmi les voix de ses adversaires.
Des joutes verbales sur les polémiques
Des adversaires qui ont, semble-t-il, retrouvé la fougue des débuts lors de ce débat. Toute controverse a été source de joutes verbales. Ainsi, le favori Bernie Sanders, en tête de deux sondages nationaux publiés mardi par l’institut Emerson et la chaîne NBC, a été taclé par l'ancien maire de New York, qui a assuré que le sénateur du Vermont n'avait "aucune chance de battre le président Trump".
Interrogé par les journalistes sur sa position de "socialiste", le sénateur du Vermont a répondu que la société actuelle était "du socialisme pour les riches". Mais les candidats démocrates ont surtout questionné sa responsabilité après des attaques vicieuses en ligne de certains de ses partisans. "Les démocrates ont besoin d'un candidat avec des valeurs inébranlables", a plaidé Elizabeth Warren, quand Pete Buttigieg a assuré qu'un leader "doit inspirer les gens dans leur comportement".
Très en forme, le jeune maire du Midwest a également blâmé Amy Klobuchar, la sénatrice du Minnesota, qui ne s'était pas souvenu du nom du président mexicain lors d'une interview télévisée. À tel point qu'Elizabeth Warren s'est senti obligée de voler à sa rescousse, assurant que l'erreur est humaine.
Sort des "dreamers", système de santé, impôts : autant de sujets sur lesquels les candidats se sont opposés tout au long de la soirée, en tentant de détailler leur programme. "Il ne faut pas choisir une figure polarisée pour gagner", n'a cessé de répéter aux électeurs Pete Buttigieg.
Samedi, les 3 millions d'habitants de ce petit État de l'ouest du pays devront choisir leur candidat à l'investiture. Un fait que n'a pas oublié Amy Klobuchar, qui a mentionné à l'envi les habitants du Nevada.