
C'est une surprise, y compris pour ses proches collaborateurs. Le
ministre burkinabé de la Culture et
du Tourisme, Tahirou Barry, a
annoncé sa démission du gouvernement, évoquant une "grande déception"
dans une déclaration publiée jeudi.
« J’ai pris la décision de remettre ma démission de mes
fonctions de ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme à compter
du 26 octobre 2017 après 22 mois de mission », a écrit Tahirou Barry,
par ailleurs président du Parti pour la renaissance nationale (Paren).
Une démission confirmée par plusieurs sources gouvernementales, sans
qu’aucune réaction officielle n’ait pour l’heure été publiée.
Farouche opposant au régime de l’ex-président Blaise Compaoré, l’ex-ministre avait rallié la majorité la majorité présidentielle de Roch Marc Christian Kaboré après avoir terminé en troisième position de l’élection présidentielle (3% des voix).
« Nos martyrs trahis par des dirigeants »
« J’en ai assez de voir des millions de jeunes courageux
livrés au chômage et au désespoir avec un horizon assombri dans une
indifférence indescriptible, de voir le monde économique végéter dans un
immobilisme avilissant, faute d’imagination de l’élite dirigeante », a
expliqué l’ex-ministre pour justifier sa démission.
Avant d’avoir ces mots durs envers les autorités : « J’en ai
assez de voir nos forces armées désespérément désarmées face à une
armée de terroristes, sans larme de pitié, de voir le sacrifice de nos
martyrs, au prix de leur sang, trahis par des dirigeants, en crise
d’initiative ».
Démission « surprise »
Cette « démission est une grosse surprise » pour ses proches
collaborateurs et des acteurs culturels, qui ont exprimé « une grande
tristesse ». « Mon parti sera vite saisi pour apprécier les suites de ma
décision », a précisé l’ex-candidat à la présidentielle.
Tahirou Barry fait face à la fronde au sein de sa propre
formation politique. Depuis 2016, des tensions opposaient le fondateur
du Paren Laurent Bado et Tahirou Barry au sujet de la gestion du parti.
En juillet dernier, il avait même été exclu par des militants frondeurs
pour « refus d’alternance » à la tête du Paren.
Source: Jeune Afrique

