POLITIQUE - Quelque 10.500 "foulards rouges", selon la préfecture de
police de Paris, deux à trois
fois moins selon les estimations de
certains journalistes mais aussi une bonne grosse dose de canulars et
d'impostures. La marche pour "défendre la démocratie et les institutions" face aux violences de ce dimanche 27 janvier à Paris s'est déroulée dans le calme et sans dégâts notables, hormis quelques incidents, opposant des marcheurs à des gilets jaunes.
Son message a toutefois été brouillé sur les réseaux sociaux par des
slogans et des discours parfois perturbants, relayés notamment par des
médias alternatifs.
Les noms d'Alexandre Benalla et du ministre de
l'Intérieur Christophe Castaner entourés de coeurs ostentatoires, le
slogan "LBD mon amour" en référence à cette arme non-létale responsable de graves mutilations,
"Mon amie c'est la finance" en allusion au passé de banquier d'Emmanuel
Macron... Plusieurs affiches délibérément provocatrices ont en effet
été aperçues dans le cortège parisien qui a défilé de Nation à la
Bastille.
Des termes bien souvent accueillis avec dérision mais aussi très
régulièrement pris au sérieux par des internautes indignés à l'idée que
certains puissent soutenir les violences policières, ainsi qu'une
politique délibérément favorable aux plus fortunés. Problème: la plupart
de ces messages étaient l'oeuvre de perturbateurs ayant délibérément
infiltré le cortège.
Des activistes en soutien aux gilets jaunes
S'agissant des banderoles "Benalla Castaner" et celle affichant un
tonitruant "Mon amie c'est la finance", toutes deux ont été brandies par
deux femmes, Elizabeth Faure et Sandra Fellous, deux soutiens affichés
des gilets jaunes sur Twitter. Comme l'a relevé le site CheckNews de Libération, les deux activistes ont revendiqué cette opération de "trolling" dans plusieurs tweets, dont une vidéo sans équivoque.
Autre imposture qui a mis le feu aux réseaux sociaux, la chaîne
d'information pro-Kremlin RT a diffusé le témoignage d'un individu se
présentant sous le nom de David, comme un fervent partisan de l'Union
européenne. Face caméra, ce dernier tenait des propos ouvertement
anti-démocratiques, jugeant nécessaire que l'UE impose sa volonté aux
nations.
"Le fait d'être dans l'union européenne, ça permet de
recadrer un peu les choses, à une échelle supranationale. L'Europe a un
pouvoir de contraindre les nations, à faire des choses que les nations
elles-mêmes ne seraient pas prêtes à faire, par peur du peuple, tout
simplement", estimait-il sur un ton parfaitement sérieux, avant de se
prononcer en faveur d'un "Etat policier" pour réprimer les
manifestations.
Là encore, Laurent Souillé, initiateur de la marche des foulards
rouges, a dénoncé ce matin sur France Info une "fake news organisée".
"Russia Today France a diffusé l'interview d'une personne en la
présentant comme un des organisateurs alors que personne ne connaît ce
garçon. Il a tenu des propos immondes sur l'Europe", déplore-t-il.
Le
journaliste de RT responsable de cet entretien avait au préalable
présenté des excuses pour avoir pris au sérieux son interlocuteur, avant
d'indiquer dans un tweet que l'individu n'était en effet ni un
organisateur de la marche ni même un sympathisant d'Emmanuel Macron,
mais tout simplement un internaute membre du forum 18-25 de Jeuxvideo.com.
RT France, qui avait publié un article précisant que les banderoles
provocatrices étaient le fait de soutiens de gilets jaunes, a publié un
rectificatif concernant le vrai-faux "foulard rouge".
Le HuffPost

