L’élection présidentielle a lieu depuis ce matin au Gabon. Plus
de 628 000 électeurs sont appelés aux urnes ce samedi. Ils doivent
désigner un nouveau président parmi onze candidats en course.
Le président sortant, Ali Bongo, candidat à sa
propre succession, a face à lui l'ancien président de l'Union Africaine,
Jean Ping, qui est soutenu par trois autres candidats de l'opposition.
C'est une élection à un seul tour, mais aux enjeux multiples, selon BBC.
Pour cause, «l'opposition dit vouloir rompre avec la famille Bongo
au pouvoir depuis quatre décennies. Mais, pour le président sortant,
c'est une élection-évaluation où il attend de voir si les Gabonais lui
renouvelleront leur confiance pour les sept prochaines années».
La radio britannique rapporte que d'un côté comme de l'autre, la
tension est palpable. Le camp Bongo accuse Jean Ping de xénophobie et
affirme qu'il ferait un Président dangereux pour le Gabon s'il était
élu. Le camp Ping accuse Ali Bongo de fraudes et demande à ses partisans
de constituer des brigades anti-fraude.
Dans les rues, la gendarmerie et la brigade anti-émeutes sillonnent.
L'envoyé spécial de la BBC a pu rencontrer des habitants inquiets qui
disaient faire des réserves de nourriture au supermarché. Il y aurait
également des habitants qui se seraient retirés vers la campagne en
attendant que l'élection passe.
Pourtant malgré l'inquiétude, les Gabonais ne perdent pas espoir. «Ils
attendent surtout du prochain Président de meilleures conditions de
vie. Un système de santé et éducatif efficace et accessible, sans
oublier la réduction du taux chômage».
Dans le souci de transparence, l'Union Africaine et l'Union
Européenne ont dépêché des observateurs. Des observateurs de la
coalition syndicale se sont également rendus sur place.
Les résultats globaux de cette présidentielle ne seront pas connus avant les trois prochains jours.
La communauté internationale a multiplié les mises en garde envers
les autorités gabonaises pour qu’elles garantissent des élections «pacifiques et crédibles». Vendredi, le Secrétaire Général de l’ONU, Ban Ki-moon, a exhorté les candidats «à faire preuve de retenue» et «à s’abstenir de toute incitation à la violence» avant, pendant et après le scrutin.
Par Otric NGON | Cameroon-Info.Net

