
Gabonaises, Gabonais, Résistantes, Résistants, Chers compatriotes,
Je ne suis en France que pour quelques jours, mais je ne pouvais ne pas
venir vous saluer, vous qui depuis 9 semaines maintenant manifestez pour
le
respect de votre droit à choisir vos dirigeants.
En effet, le
27 août dernier, vous m’avez élu à la tête de la République Gabonaise,
mais, le gouvernement dictatorial en place, tente de nous voler, de vous
voler cette victoire à travers un coup d’état militaro-‐électoral,
parce que c’est d’abord de vous, peuple gabonais dont il est question.
C’est votre victoire avant d’être la mienne. C’est la victoire d’un
peuple décidé à prendre en main son destin. Vous avez choisi de vous
battre pour arracher votre pays de la déchéance en optant pour une
alternance démocratique au pouvoir.
Pendant des années, vos
revendications en tous genres n’ont jamais été entendues. Pire, lorsque
vous les exprimiez, on vous répondait, « les chiens aboient, la caravane
passe ». Mais, parce qu’aujourd’hui, vous ne pouvez plus supporter la
situation chaotique dans laquelle se trouve notre pays, à cause de la
mal gouvernance dont il est objet depuis si longtemps, vous avez dit «
2016 ne sera pas 2009 ». J’ai aussi entendu que vous avez dit que « les
panthères ont remplacé les chiens» et vont stopper la caravane, mieux,
elles vont la renverser.
Le monde a été surpris par la résistance
que vous, peuple gabonais, vivant hors de votre pays opposez à ce
régime et ce dans tous les coins du monde où vous vous trouvez. On a vu
des gabonaises et des gabonais organiser des manifestations dans tous
les pays du monde, même là où, on ne pensait pas les trouver.
Gabonaises, Gabonais, vous êtes devenus un modèle de résistance et un
espoir pour les autres peuples qui comme vous, aspirent à une réelle
démocratie dans leur pays.
Le combat n’est pas encore terminé.
Nous avons stoppé la caravane, maintenant, nous devons la renverser et
récupérer notre victoire. Et pour cela, il nous faut rester mobilisés
encore quelques temps. En dépit de la terreur qu’ils ont voulu nous
infliger, la peur aujourd’hui se trouve dans leur camp. La preuve, je
suis ici aujourd’hui quand l’usurpateur n’ose même plus sortir du palais
dans lequel il s’est réfugié.
Après avoir tenté de voler notre
élection, après avoir massacré nos frères et sœurs, nos fils et nos
filles, nos pères et nos mères, qui manifestaient pacifiquement pour le
respect de leur droit les plus élémentaires, ils osent nous appeler au
dialogue. Ils essaient de diviser votre mouvement parce qu’il leur fait
mal en rappelant au monde entier leur forfaiture, leur illégalité et
leur illégitimité. Je vous l’affirme encore aujourd’hui, nous ne
dialoguerons pas avec des assassins. Ils ont perdu l’élection, ils
doivent partir, et c’est tout.
Le peuple gabonais resté sur le
territoire national est on ne peut plus fier de vous, gabonaises et
gabonais de l’étranger. Je tenais à vous le signifier personnellement et
à vous dire, ne lâchez rien, nous sommes entrain d’écrire une nouvelle
page de l’histoire de notre pays. Une histoire durant laquelle tout
notre peuple sera mis à l’abri du besoin et de la peur.
Vive la démocratie, pour que vive le Gabon.

