Le président de la République démocratique du Congo (RDC) s'est défendu
mardi de vouloir violer la Constitution et a mis ses opposants en garde
contre la "prise d'otage" du pays.
"N'ayant jamais été violée, la Constitution sera toujours respectée
dans toutes ses dispositions", a assuré Joseph Kabila devant le Sénat et
l'Assemblée nationale réunis en congrès, à Kinshasa, la capitale.
Cette
déclaration fait allusion aux accusations dont il est l'objet, de la
part de certains de ses opposants, qui exigent son départ du pouvoir à
la fin de son second mandat en décembre prochain.
"Soucieux de mes
responsabilités, je ne peux permettre que la RDC soit prise en otage
par une frange de sa classe politique", a encore dit M. Kabila devant
les sénateurs et les députés, dont Léon Kengo, le président du Sénat, et
Aubin Minaku, celui de l'Assemblée nationale.
"La RDC était un lambeau"
Joseph
Kabila, appelé à nommer un Premier ministre issu de l'opposition en
vertu de l'accord politique signé en octobre dernier, a évoqué son
bilan.
"Il y a 15 ans, la RDC était un lambeau, un non-Etat (…)
Du chemin a été parcouru. Un long chemin semé d'embûches (…) Des
institutions ont été installées, entraînant des réformes sans précédent.
Les provinces sont passées de 11 à 26", a-t-il affirmé.
Selon
lui, avant son arrivée au pouvoir en janvier 2001, les conflits armés et
l'instabilité politique étaient le lot quotidien des Congolais.
"Face
à une nation déchirée, j'avais pris un engagement précis de réaliser
des changements profonds dans tous les secteurs de la vie nationale", a
soutenu le chef de l'Etat congolais dans son allocution reprise par la
Radio Okapi sur son site Internet.
"Manœuvres"
Il
affirme avoir tenu ses promesses de libéraliser l'activité économique,
de combattre la pauvreté, de réformer les secteurs de la justice, de la
sécurité, de l'éducation, etc.
"Aucun agenda politique ne saurait
justifier la violence (…) Miser sur le sang congolais pour accéder au
pouvoir est (…) moralement condamnable", a averti M. Kabila.
Il
appelle ses compatriotes à contrecarrer "les manœuvres tendant à prendre
le pouvoir par la force ou par toute autre voie anticonstitutionnelle".
Lundi,
le Premier ministre Augustin Matata Ponyo a rendu son tablier en vue de
la nomination d'un remplaçant devant venir de l'opposition.
Il a
dit avoir démissionné pour permettre la nomination d'un chef de
gouvernement parmi les leaders de l'opposition signataires de l'accord
sur le report à 2018 de l'élection présidentielle initialement prévue
avant la fin de cette année.
Des dizaines de personnes ont été
tuées dans plusieurs villes congolaises, lors de manifestations
organisées par une partie de l'opposition pour le départ de Joseph
Kabila à la fin de son dernier mandat autorisé par la Constitution.
BBC Afrique

