Le Niger, le Burkina Faso et le Mali ont décidé mardi à Niamey de mettre
sur pied une force multinationale pour lutter contre l’insécurité dans
la zone du Liptako-Gourma, à cheval sur leurs trois frontières et qui
menace de devenir un sanctuaire pour les groupes terroristes.
« Nous avons décidé (…) de la mutualisation de nos moyens de
renseignements, de nos capacités (militaires) opérationnelles pour faire
face à la situation sécuritaire dans cette zone » du Liptako-Gourma, a
déclaré le président nigérien Mahamadou Issoufou.
Celui-ci était l’hôte du sommet de l’Autorité du Liptako-Gourma (ALG), institution créée en 1970, auquel ont assisté Roch Marc Christian Kaboré, président du Burkina Faso et Modibo Keïta, le Premier ministre du Mali.
« La région du Liptako, jadis havre de paix, est en passe de devenir
un sanctuaire de groupes terroristes et de criminels de tous genres »,
s’alarme encore le communiqué final du sommet. « Malgré les efforts
déployés par les États membres, en relation avec la communauté
internationale (…) la situation sécuritaire demeure volatile et
préoccupante », insiste le texte.
Cette nouvelle entité, elle-même composante de la force conjointe du
G5 Sahel décidée en novembre 2015 à N’Djamena, au Tchad, doit être
construite à l’image de la Force multinationale mixte créée par le
Niger, le Nigeria, le Tchad et le Cameroun contre Boko Haram dans le bassin du Lac Tchad.
« La Force multinationale mixte a beaucoup affaibli Boko Haram (…),
il n’y a pas de raison qu’on ne s’en inspire pas au niveau des trois
frontières qui concernent le Burkina Faso, le Mali et le Niger », a
conclu Mahamadou Issoufou.

