Le capitaine Anaba Onana Alain Raoul,
les soldats de 2ème Classe Nkoa Ferdinand et Wang Namou, n’ont eu la
vie sauve dans la nuit du 27 au 28 avril dernier que grâce à une
patrouille
de police qui passait sur les lieux du drame, où la foule
était en passe de les lyncher. La raison ? Quelques heures plus tôt, ils
venaient de faciliter la fuite de leur camarade, le 2ème Classe Winga
Goulotte Daniel, qui avait assassiné deux jeunes femmes et blessé
grièvement une autre.
Après une mission d’escorte à bord d’un
navire parti du port de Limbé dans la région du Sud-Ouest pour Douala,
les quatre militaires sont allés « prendre du bon temps » dans un
quartier populeux de la capitale économique dénommé « Carrefour Elf »
qui est réputé dans cette ville pour être un lieu de grande débauche, où
l’on trouve dans la nuit des prostituées de tous âges (de 10 ans à plus
de 70 ans) et de toutes les qualités (femmes enceintes, femmes mariées,
cinglées, mongoliennes…). La misère fait des choses sous ces cieux
infernaux, soit dit en passant. Après avoir pris une bonne cuite
alcoolisée, le soldat Winga Goulotte Daniel embarquera une fille de joie
à trois heures du matin, pour assouvir des besoins …intimes, en échange
de 1000 francs Cfa (environ 1,6 USD). Seulement, au moment de payer la
partie de jambes en l’air, il remet à sa « dulcinée » un billet de
10.000 (16 USD). A charge pour cette dernière de faire la monnaie et de
lui remettre la différence. Celle-ci, ne pouvant se déplacer, confie à
l’aubergiste qui les avait accueillis le soin d’aller faire la monnaie.
Le temps passe, point d’aubergiste à l’horizon. La fille de joie
commence à perdre patience, parce qu’elle est en train de perdre de
potentiels clients, alors que le jour va bientôt se lever, ce qui est
synonyme de « cessation d’activités ». Si seulement le client l’avait
prévenu qu’il avait un « gros billet ». Elle veut donc partir, à la
recherche de l’aubergiste parti chercher la monnaie.
Mais le client-soldat ou soldat-client
ne veut pas l’entendre de cette oreille, craignant que la « fille de
mauvaise vie » n’en profite pour fondre dans la nature…avec son argent.
Eclats de voix. Des filles de joie accourent pour secourir leur
camarade. Des noms d’oiseaux volent. Le militaire sort son épée de
dotation et poignarde ses « agresseuses », dont l’une enceinte de 8 mois
et demi. Sa propre « cliente » s’en sort avec des blessures graves et
les doigts de la main tranchés. Quand ses camarades le rejoignent sur
les lieux de l’esclandre où deux femmes gisent sur le carreau, ils ont
le réflexe de le faire disparaître avant que le pire se produise.
Ce que la population ameutée n’a pas pu
digérer. La rixe reprendra de plus belle entre la foule décidée à en
découdre et les militaires qui veulent sauver leur peau. Jusqu’à
l’arrivée de la police qui interpelle ces derniers et les conduit à
l’Etat-major de la Légion de gendarmerie du Littoral. Le meurtrier est
quant à lui rattrapé quelques temps après, à la base navale où il
s’était réfugié, et conduit à son tour à la légion, où il livrera une
bagarre féroce contre les gendarmes qui voulaient le mettre en cellule.
Natondi Kamerun

