Selon l'AFP, la fille et le gendre du président congolais Denis
Sassou-Nguesso ont été mis en examen
cette semaine dans l'enquête sur
l'origine du patrimoine de l'entourage de dirigeants africains en
France.
Après le neveu du président, Wilfrid Nguesso, en mars dernier, l’AFP
rapporte ce dimanche 25 juin que des juges d’instruction parisiens ont
mis en examen Julienne Sassou-Nguesso, 50 ans et son mari Guy Johnson,
53 ans, pour les mêmes faits de « blanchiment de détournement de fonds
publics ». Une mise en examen qui daterait du mardi 20 juin, selon l’AFP.
Procès en cours
Depuis 2010, des magistrats financiers tentent de déterminer
si les fortunes de trois familles présidentielles, celles de feu Omar
Bongo (Gabon), de Denis Sassou-Nguesso (Congo-Brazzaville) et de Teodoro
Obiang Nguema (Guinée équatoriale), ont pu être bâties en France grâce à
des deniers publics détournés de ces pays, avec l’aide d’intermédiaires
et de sociétés offshores dans les paradis fiscaux.
Dans cette vaste enquête dite des « biens mal acquis »,
le premier procès s’est ouvert lundi dernier devant le tribunal
correctionnel de Paris où le fils du président équato-guinéen, Teodorin Obiang, absent à la barre, doit répondre notamment de blanchiment de détournement de fonds publics.
Dans le chapitre congolais, les juges s’interrogent sur
l’origine des fonds qui ont permis à Julienne Sassou-Nguesso et son
époux d’acquérir en 2006, via une SCI, un hôtel particulier de la
banlieue huppée de Paris, à Neuilly-sur-Seine, comportant sept pièces et
piscine intérieure, pour un montant de plus de 3 millions d’euros,
selon une source proche du dossier.
D’importants travaux y avaient ensuite été réalisés, entre 2007 et 2011, pour une facture de 5,34 millions d’euros.
Sociétés offshores
Les enquêteurs, qui s’appuient sur des signalements de la
cellule de lutte contre le blanchiment à Bercy, Tracfin, se sont
notamment intéressés à des mouvements financiers entre des banques
situées à San Marin et des sociétés offshores aux Seychelles, à l’Ile
Maurice ou à Hong Kong.
Depuis 2007, plusieurs dizaines de millions d’euros en
provenance d’entités publiques de la République du Congo (ou
Congo-Brazzaville) auraient été transférées sur les comptes de diverses
sociétés soupçonnées ensuite d’alimenter en partie le train de vie de
membres du clan présidentiel, selon une source proche du dossier.
Le gendre du président, Guy Johnson, est également apparu
lors des investigations comme le gestionnaire d’une SCI détenant un
hôtel particulier dans un arrondissement cossu de Paris et appartenant à
la famille d’Omar Bongo, dont l’épouse Edith, était la fille aînée du
dirigeant congolais.
Par RFI

