
L’Irlande du Nord avait réclamé son indépendance au Royaume-Uni
pendant 77 ans. Les deux pays
négociaient pendant leur conflit. Ils
avaient fin par trouver une formule pour une coexistence pacifique et
harmonieuse. Un dialogue fut nécessaire pour en arriver là.
La
guerre du Vietnam fut longue et atroce. Les Etats-Unis l’avaient imposée
au Vietnam pour empêcher ce pays de choisir son idéologie et son destin
politique. En se battant, ils avaient tout de même accepté de discuter
pendant 5 ans sous les bombes américaines larguées sans relâche sur le
Vietnam. Le 27 janvier 1973, les « Accords de paix » furent signés à
Paris. Pour en arriver là, le dialogue fut nécessaire.
Brexit est
une abréviation de "British Exit", qui signifie la sortie du
Royaume-Uni de l'Union européenne. Le 23 juin 2016, lors d'un
référendum organisé par l'ancien Premier ministre David Cameron, 51,9%
des Britanniques se sont prononcé pour sortir de l’UE. Les 26 membres
restant dans l’Union européenne sont en négociations pour rendre cette
sortie juridiquement effective. Chaque camp a mandaté ses représentants
pour négocier un accord en préservant leurs intérêts respectifs.
Nous pouvons multiplier à l’infini des cas similaires. Les conflits,
les incompréhensions entre les hommes ou les pays se soldent toujours
par des négociations. En 1991, alors qu’on célébrait partout en Afrique
le retour du multipartisme, les « Conférences nationales souveraines »
furent à la mode. Paul Biya leur préféra une « Tripartite » qu’il
n’avait même pas daigné ouvrir les travaux au Palais des Congrès de
Yaoundé. Néanmoins, les représentants du gouvernement, ceux de
l’opposition et de la société civile avaient débattu pendant plusieurs
jours des sujets liés à l’avenir du Cameroun. Si les résolutions
adoptées par la « Tripartie » n’ont jamais été appliquées, ce n’est pas
faute de ne les avoir pas formulées.
Aujourd’hui, le Cameroun est face à l’urgence et à l’obligation du dialogue. Mais le spectacle auquel se livre le pouvoir est tout, sauf une volonté de dialoguer. Acculé par la communauté internationale, le chef de l’Etat a envoyé son Premier ministre dans les zones en conflit. On voit PM là bas, danser avec les populations en joie. Il rencontre des personnes toutes acquises au pouvoir. Cela est tout, sauf un dialogue !
Aujourd’hui, le Cameroun est face à l’urgence et à l’obligation du dialogue. Mais le spectacle auquel se livre le pouvoir est tout, sauf une volonté de dialoguer. Acculé par la communauté internationale, le chef de l’Etat a envoyé son Premier ministre dans les zones en conflit. On voit PM là bas, danser avec les populations en joie. Il rencontre des personnes toutes acquises au pouvoir. Cela est tout, sauf un dialogue !
Pour dialoguer, il
faut d’abord arrêter les thèmes. On défini le format de la table des
discussions. Chaque partie désigne ses représentants. On choisi un lieu
et les discussions commencent. Aucun sujet ne devrait être tabou. A
chacun d’apporter ses arguments et les défendre. Faire inscrire un sujet
à l’ordre du jour ne signifie pas qu’on a forcément raison, et encore
moins qu’on emportera sur les autres. Il existe bien des Camerounais
qui ont pris des armes pour créer leur Etat au sein de la République. Il
s’agit là d’un sujet d’une extrême gravité. Il faudra leur démontrer
avec la force du droit qu’ils font fausse route. Il faudra écouter leurs
arguments avant de les démonter.
C’est cette étape qui est la
plus difficile car, il est attribué au chef de l’Etat par excès de zèle
cette formule selon laquelle il est « le mendiant du dialogue ». Ce
n’est pas lui faire offense en affirmant que Paul Biya n’a ni la culture
de la contradiction démocratique, ni la volonté du dialogue. Certains
disent que le chef de l’Etat est l’otage de ses « faucons, des
va-t-en-guerre ». Pourtant, des « faucons », c’est lui qui les a placés
là où ils sont, jouant les rôles qu’ils jouent. S’ils constituaient un
obstacle dans sa volonté de dialogue, il s’en serait débarrassé sans
encombre. A contrario, le président Biya apprécie bien le travail de
ses « faucons ».

