Le ministre des Affaires étrangères chinois prévient que Pékin
"se battra jusqu'au bout" dans la guerre
commerciale contre les
États-Unis.
L'empire du Milieu hausse le ton. Le
ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a fermement dénoncé
mercredi un "harcèlement économique" par les États-Unis, du géant des
télécoms Huawei. Il a par ailleurs prévenu que Pékin se battrait
"jusqu'au bout" dans la guerre commerciale contre Washington. Le conflit
s'est envenimé après la récente décision de l'administration Trump de
placer Huawei sur liste noire au nom de la sécurité nationale, ce qui a poussé plusieurs entreprises, comme Google, à couper certains liens avec le fabricant chinois de smartphones.
"L'utilisation
par les États-Unis de la puissance de l'État pour mettre arbitrairement
la pression sur une entreprise privée chinoise telle que Huawei, c'est
typiquement du harcèlement économique", a déclaré Wang Yi, selon un
communiqué publié mercredi soir par son ministère. Il s'exprimait depuis
le Kirghizstan, en marge d'une réunion de l'Organisation de coopération
de Shanghai (OCS), une institution régionale dont font partie la Chine
et la Russie.
Huawei au coeur du cyclone
Le président Donald Trump
a décidé la semaine dernière de bannir les exportations de produits
technologiques américains vers certaines entreprises jugées "à risque",
franchissant une nouvelle étape dans l'offensive tous azimuts engagée
contre la Chine. Le géant japonais de l'électronique Panasonic a annoncé
jeudi cesser de fournir certains composants à Huawei, en raison de
l'interdiction américaine. La veille, des opérateurs téléphoniques au
Japon et au Royaume-Uni avaient annoncé reporter la mise en vente de
smartphones Huawei.
"Certaines
personnes aux États-Unis ne veulent pas que la Chine jouisse du droit
légitime de se développer et cherchent à entraver son processus de
développement", a déclaré Wang Yi. "Cette approche américaine
extrêmement présomptueuse et égocentrique n'est pas à même d'obtenir
l'approbation et le soutien de la communauté internationale", a-t-il
martelé. Les deux premières puissances économiques mondiales n'ont pas
annoncé de nouvelle date pour la reprise de leurs négociations
commerciales et s'affrontent toujours via l'imposition mutuelle de
droits de douane punitifs.
Donald Trump a accusé la Chine d'être
revenue sur des promesses faites lors des discussions. Pékin dément et
affirme que tout accord bilatéral sur le commerce doit être équilibré.
"Si les États-Unis sont disposés à négocier sur un pied d'égalité, alors
du côté chinois, la porte est grande ouverte", a souligné Wang Yi.
"Mais s'ils optent pour une politique de pression maximale, la Chine
répliquera et se battra jusqu'au bout."
Huawei prépare son propre système d'exploitation
Contraint de se passer du système d'exploitation Android
pour ses téléphones portables, Huawei compte finaliser son propre
système concurrent qui pourrait être prêt en Chine avant la fin de
l'année, a rapporté jeudi le média d'information financière CNBC.
Le
groupe de Shenzhen reste néanmoins attaché à Android, a déclaré Richard
Yu, un haut responsable de Huawei, cité par la chaîne de télévision
américaine CNBC. "Mais si nous ne pouvons pas l'utiliser, Huawei
préparera un plan B consistant à utiliser notre propre système
d'exploitation", a-t-il ajouté, précisant que ce système pourrait être
lancé au quatrième trimestre sur le marché chinois.
À l'international, le système serait disponible en début d'année
prochaine, a indiqué Richard Yu. Le quotidien chinois Global Times avait
rapporté lundi que le système d'exploitation, baptisé "HongMeng" sur
lequel il planche depuis 2012, était en phase d'essais et remplacerait
progressivement Android.
Par
LEXPRESS.fr avec AFP

