
La coalition conservatrice du Premier ministre
australien, Scott Morrison, a créé la surprise, samedi,
en remportant la
victoire aux législatives. Le leader travailliste Bill Shorten, donné
favori, a reconnu sa défaite.
Un "miracle" en Australie. Les conservateurs au pouvoir ont remporté, samedi 18 mai, une victoire aux élections législatives
à la surprise générale. Le Premier ministre australien, Scott Morrison,
s'est réjoui de ce résultat alors que les travaillistes, longtemps
donnés favoris pour ce scrutin, ont reconnu leur défaite.
"J'ai toujours cru aux miracles. Comme l'Australie est formidable !", a
lancé Scott Morrison à ses partisans réunis à Sydney, saluant les
"Australiens silencieux".
On ignore toutefois si la coalition aura la majorité absolue, ou si elle devra aller courtiser des élus indépendants.
"Il
est clair que le Parti travailliste ne sera pas en mesure de former le
prochain gouvernement", a déclaré, quant à lui, le leader travailliste,
Bill Shorten, devant ses partisans incrédules réunis à Melbourne. Il a
annoncé qu'il démissionnerait de son poste de chef du parti et a appelé
son rival "pour le féliciter".
"Le miracle de ScoMo"
Les
dernières projections de la Commission électorale australienne
indiquaient, dimanche, qu'il manquait cinq sièges à la coalition pour
atteindre la barre des 76 nécessaires pour avoir la majorité absolue à
la Chambre des représentants.
Selon
les projections de la chaîne ABC, la coalition libérale-nationale
obtiendrait 74 sièges, alors que cinq circonscriptions n'ont pas encore
rendu leur verdict.
La
tâche de Scott Morrison pourrait donc s'avérer compliquée car il se
pourrait qu'il ait à demander le soutien des indépendants. Il devra
probablement aussi marcher sur des œufs au sein de son propre camp
puisqu’il ne pourra se permettre aucune défection dans la coalition.
"Le
miracle de ScoMo", titrait en "une" le Herald Sun en citant le surnom
du Premier ministre de 51 ans, que certains qualifiaient déjà de
"légende".
Désaveu retentissant pour les instituts de sondage
La
coalition menée par le Premier ministre sortant, le
libéral-conservateur et climatosceptique Scott Morrison, avait un peu
plus tôt été donnée gagnante par la télévision publique ABC. La chaîne
n'était toutefois pas en mesure de dire s'il serait en position de
diriger un gouvernement majoritaire ou minoritaire.
Ces résultats
sont une énorme surprise et un désaveu retentissant pour les instituts
de sondage, qui avant le scrutin donnaient vainqueur, avec une légère
avance, le travailliste Bill Shorten, sensible à la thématique
environnementale.
Quelque 17 millions d'électeurs devaient choisir leurs représentants en Australie, où le vote est obligatoire.
Les
premiers résultats montrent un électorat fracturé, avec de petits
partis populistes et d'extrême droite en mesure de jouer un rôle. Comme
celui de Clive Palmer, un millionnaire qui n'est pas sans rappeler
Donald Trump avec son slogan "Make Australia Great", qui a dépensé sans
compter et saturé l'espace médiatique.
Soutien des médias conservateurs de Rupert Murdoch
Le
Premier ministre australien, qui avait pris le pouvoir en août après un
"putsch" interne à son parti, revient de loin. Il s'est trouvé presque
seul à défendre son bilan. Plusieurs de ses ministres ont refusé de
s'impliquer quand d'autres ont été maintenus à distance pour ne pas
desservir la cause.
Mais il a bénéficié du soutien des médias
conservateurs du magnat Rupert Murdoch. Il s'est surtout adressé aux
électeurs les plus âgés et aisés, inquiets des projets travaillistes de
supprimer diverses niches fiscales pour financer des dépenses en faveur
de l'éducation, de la santé et du climat.
Même si les derniers
sondages laissaient entendre que son avance s'était réduite, Bill
Shorten, un ancien syndicaliste, était donné favori pour devenir le
sixième Premier ministre en une décennie. "Si le peuple australien
votait pour arrêter le chaos et pour une action contre le changement
climatique, nous serions prêts à nous mettre au travail dès demain",
disait-il samedi matin en votant à Melbourne.
Quant à Scott
Morrison, il s'était montré prudent, après avoir voté dans la banlieue
de Sydney : "Je ne tiens pour acquis le soutien de personne dans ce
pays."
France 24 Avec AFP

