
Le chef de
l’Etat ivoirien a balayé les critiques du Nigeria et de plusieurs pays
d’Afrique de l’Ouest
anglophones concernant le remplacement du franc
CFA.
Le président ivoirien Alassane Ouattara a
balayé jeudi 30 janvier les critiques du Nigeria et de plusieurs pays
d’Afrique de l’Ouest anglophones qui ont dénoncé à Abuja la décision de
remplacer le franc CFA par l’éco, assurant que la date de juin 2020
tenait toujours.
« C’est une intoxication pure et simple. Il n’y a que cinq pays qui se sont retrouvés [à Abuja] sur les quinze de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest [Cédéao] (…).
La majorité des pays n’a pas été à cette réunion. Ce n’était pas une
réunion des chefs d’Etat, mais de ministres et gouverneurs », a déclaré M. Ouattara. « Ce que nous avons décidé au niveau des chefs d’Etat, notre volonté c’est de mettre l’éco en 2020 », a-t-il ajouté, précisant qu’il y avait des « conditions ».
« La première condition, c’est de réunir les [cinq] critères de performance : déficit de moins 3 %, dette de moins de 70 %, faible inflation, etc. (…). Pour le moment, il n’y a que quatre ou cinq pays, dont la Côte d’Ivoire, qui remplissent ces critères », a-t-il poursuivi, soulignant que le processus devait être « graduel ». « Cinq, huit, dix pays [respectant les critères] peuvent se mettre ensemble »,
a-t-il dit, ajoutant que d’autres pouvaient ensuite les rejoindre à
l’image de la zone euro commencée à onze et qui comprend dix-neuf pays
aujourd’hui.
« Pas de précipitation »
« Nous
voulons faire les choses par étapes. Nous ne voulons pas de
précipitation, mais nous ne voulons pas non plus que les pays qui ne
respectent pas les critères de convergence bousculent le processus », a-t-il conclu dans une claire allusion au Nigeria. Les six pays de la Zone monétaire ouest-africaine (ZMOA) avaient dénoncé « la déclaration visant à renommer unilatéralement le franc CFA en éco d’ici à 2020 », le 16 janvier à Abuja.
Huit
pays francophones d’Afrique de l’Ouest, qui utilisent le franc CFA,
avaient annoncé fin décembre leur décision de remplacer leur monnaie
commune par l’éco et de rompre ainsi les liens très controversés avec la
France, ancienne puissance coloniale, qui accueillait notamment la
moitié de leurs réserves de changes en échange de la convertibilité du
franc CFA avec l’euro.
L’annonce
surprise avait été faite par le président ivoirien Alassane Ouattara
lors d’une visite à Noël de son homologue français Emmanuel Macron, au
lendemain d’un sommet de la Cédéao qui avait encouragé les efforts
visant à mettre en place une monnaie unique ouest-africaine d’ici à
juillet.

