
Le leader nord-coréen n'est apparu sur aucune des photographies officielles prises lors du 108e anniversaire de la naissance du fondateur du régime, Kim II Sung.
Mais où est passé Kim Jong Un ? La Corée du Sud a minimisé ce mardi des informations selon lesquelles le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un
aurait été récemment opéré, alors que certains observateurs
s'interrogent sur son absence lors de célébrations à Pyongyang la
semaine dernière.
La Corée du Nord
a marqué le 15 avril le 108e anniversaire de la naissance du fondateur
du régime, Kim Il Sung, qui est le grand-père du dirigeant actuel. Cette
date est de loin la plus importante du calendrier politique au Nord.
Mais Kim Jong Un n'a été vu sur aucune des photographies officielles.
Daily NK,
un média en ligne géré essentiellement par des Nord-Coréens ayant fait
défection, a affirmé que le dirigeant nord-coréen avait été opéré en
avril pour des problèmes cardio-vasculaires et qu'il était en
convalescence dans une villa dans la province de Phyongan du Nord. "La
raison du traitement cardio-vasculaire urgent qu'a subi Kim était son
tabagisme excessif, son obésité et sa fatigue", affirme Daily NK
en citant une source nord-coréenne non identifiée. Cette information
n'a pas été confirmée. Mais elle a suscité un déluge de spéculations.
Opéré d'un kyste en 2014
Citant un responsable américain, CNN rapporte que Washington "étudie des informations" selon lesquelles Kim Jong Un est "en danger grave après une opération chirurgicale", sans dire si ces "informations" sont en fait l'article de Daily NK.
"Nous
n'avons rien à confirmer et aucun mouvement particulier n'a été détecté
en Corée du Nord", a déclaré dans un communiqué un porte-parole de la
Maison bleue, la présidence sud-coréenne. L'agence de presse
sud-coréenne Yonhap a de son côté cité un haut responsable sud-coréen
affirmant, sous couvert de l'anonymat, que les informations selon
lesquelles Kim Jong-Un serait gravement malade ne sont "pas vraies".
La
dernière apparition publique de Kim Jong-Un à avoir fait l'objet d'une
couverture photo par les médias officiels remonte au 11 avril, lorsqu'il
avait présidé une réunion du bureau politique du parti au cours de
laquelle ce dernier avait appelé à des mesures plus fortes contre le nouveau coronavirus.
Pyongyang, qui a fermé ses frontières et mis en oeuvre des restrictions
pour la population, continue de dire qu'aucun cas de Covid-19 n'a été
recensé sur son sol.
Ce n'est pas la première fois que
"l'absence" de Kim alimente toute sorte de spéculations. En 2014, il
n'avait pas été vu pendant six semaines, avant de réapparaître avec une
canne. Les services de renseignements sud-coréens cités par Yonhap
avaient affirmé qu'il avait subi une opération visant à lui enlever un
kyste à la cheville.
"Personne ne sait"
"Personne
ne sait ce qui se passe à l'intérieur de la Corée du Nord", a rappelé
Martyn Williams, qui est affilié à l'institut 38 North. "Kim Jong Il
était mort plusieurs jours avant que cela ne soit annoncé, et cela a
pris tout le monde par surprise", a-t-il observé dans un tweet.
"Kim
Jong Un a déjà été porté 'disparu' mais il est toujours réapparu. Ceci
dit, son absence cette semaine était plus que notable." Certains
responsables sud-coréens ont fait part de leurs doutes quant à la
crédibilité des informations de Daily NK.
La couverture de l'actualité nord-coréenne
est particulièrement compliquée, surtout pour tout ce qui a trait à la
vie privée de Kim Jong-Un, qui est un des secrets les mieux gardés du
régime. Le ministère sud-coréen de l'Unification, qui gère les questions
inter-coréennes, et celui de la Défense se sont refusés à tout
commentaire.
Moon Chung-in, conseiller à la
sécurité du président sud-coréen Moon Jae-in, a déclaré n'avoir rien
entendu de spécial concernant la santé de Kim Jong-Un. Certains experts
ont aussi appelé à la prudence. "Il n'y a aucune confirmation à ce stade
et il est trop tôt pour tirer des conclusions sur son état de santé", a
estimé Ahn Chan-il, un transfuge du Nord devenu chercheur à Séoul. Il a
relevé qu'une opération du coeur impliquait du matériel médical de
pointe qui ne se trouve "que dans des établissements de Pyongyang". Il
ne serait "pas raisonnable" de le transporter ailleurs pour
l'opération.
Par
LEXPRESS.fr avec AFP

