
Dans un nouveau
rapport publié cette semaine, le Programme des Nations unies pour le
Développement (PNUD) dénonce des politiques migratoires européennes qui
ne favorisent pas l'intégration des migrants dans le marche de l'emploi.
L'agence de l'ONU estime que favoriser leur insertion est un pari
"gagnant-gagnant" avec le pays d'accueil.
Pour quelles raisons les jeunes Africains viennent-ils en
Europe et quelles réponses les pays européens devraient-ils adresser à cette
situation ? Ce sont à ces deux questions que le rapport "Au-delà des
barrières" (Scaling fences en anglais) du PNUD (Programme des Nations unies pour le Développement)
tente de répondre.
Réalisé à partir d’entretiens menés sur 1970
personnes,
originaires de 39 pays africains et étant arrivées en Europe de manière
irrégulière, le rapport souligne tout d’abord que les migrants africains
qui choisissent de venir en Europe avaient généralement une vie plutôt
confortable. "Ils ont bénéficié des progrès de développement de
l’Afrique au cours des dernières décennies", indiquent les auteurs.
Pourquoi partir ? Parce que le développement du pays d’origine a fait
naître chez ces personnes des ambitions qui dépassent aujourd'hui les
opportunités disponibles localement. "Leur émigration indique que le
développement s’enracine, mais pas assez vite, et avec des gains qui
sont inégaux et restrictifs", détaillent-ils.
Les émigrants sont aussi majoritairement plus urbains et plus éduqués
que leurs paires, vivant dans des foyers plus
nombreux (environ dix personnes) que la moyenne nationale (environ cinq
personnes) et gagnant plus d’argent que les autres membres de leur foyer.
Un objectif : travailler et envoyer de l’argent
Le rapport du PNUD souligne que ces jeunes
Africains
quittent leur pays avec un objectif précis : trouver un travail et
gagner de l’argent afin de pouvoir en envoyer à leurs proches restés au
pays. Un peu plus de 80 % des personnes interrogées ont placé le critère
"travailler/envoyer de l’argent
au foyer" comme la principale motivation de leur parcours migratoire.
Dans cette démarche d’une émigration qui doit bénéficier à
toute la famille, l’investissement financier des proches pour permettre le
voyage jusqu’en Europe n’est pas négligeable.
Mais une fois arrivés en Europe, leurs aspirations se
cognent à des législations qui leur interdisent de travailler s'ils n'ont pas de papiers. Néanmoins,
ils sont nombreux à trouver des emplois dans des professions peu qualifiées. Pour
les auteurs du rapport, "cela indique un potentiel humain et de
main-d'œuvre sous-utilisé parmi les migrants africains en situation irrégulière
en Europe".
Ils déduisent de ce potentiel, la nécessité d’instaurer des
politiques permettant d’"intégrer plus efficacement les compétences
des migrants dans le marché du travail européen".
"Aider les gens à atteindre leur objectif"
Le rapport du PNUD dresse le constat que des
politiques plus
répressives et empêchant les migrants de réaliser leur objectif n’a pas
pour
effet de les décourager et de les pousser à quitter l'Europe. Au
contraire, ils persistent à vouloir trouver une solution pour ne pas
repartir bredouille au pays.
"Aider les gens à atteindre leurs objectifs leur
permettant de contribuer légalement au marché du travail européen pourrait
mieux les inciter à finalement rentrer chez eux, créant ainsi un résultat gagnant-gagnant",
analysent les auteurs du rapport.
Par infomigrants.net

