Le Premier ministre soudanais Abdallah Hamdok a procédé jeudi 9 juillet à
un profond remaniement
du gouvernement de transition. Il a entériné le
départ de sept ministres importants, après plusieurs semaines de
mobilisation indiquant un mécontentement populaire grandissant dans le
pays. Et alors qu'un accord de paix avec les mouvements rebelles doit
être signé très prochainement.
C'est un conseil des ministres extraordinaire un peu particulier qui s'est déroulé jeudi à Khartoum. Abdallah Hamdok s'est adressé solennellement à son équipe pour lui dire qu'il entendait « corriger le cours de la révolution et adapter le gouvernement à cette nouvelle étape ».
Tous
les ministres, sauf le ministre de la Santé, ont alors présenté leur
démission. Le chef du gouvernement en a accepté six, parmi les
ministères régaliens : Affaires étrangères, Finances, Energie,
Agriculture, Transports et Ressources animales. Le ministre de la Santé,
pour sa part, a été limogé. Tous ont été remplacés par un ministre par
intérim.
Il s'agit là d'une reprise en main exigée par les forces qui ont porté Abdallah Hamdok au pouvoir, car les pénuries, l'immobilisme,
la corruption et les restrictions sanitaires rendent la vie des
Soudanais très difficile. Le chef de la police et son adjoint ont beau
avoir été limogés la semaine dernière, la mobilisation d'une population
exaspérée s'étend, avec des sit-in organisés un peu partout au Darfour
ces derniers jours, et désormais à Kassala, à Port-Soudan et à Khartoum.
Il
s'agit aussi de faire de la place pour les cadres des groupes armés du
Darfour, du Kordofan du Sud et du Nil Bleu qui s'apprêtent à déposer les
armes, après la signature imminente d'un accord de paix global.
Par RFI

