Ces dispositions qui inquiètent les patrons

Selon le Gicam, la mesure la plus controversée reste tout de même l’augmentation de 100% du taux du minimum de perception, qui est passé de 1,1% à 2,2% du chiffre d’affaires.
CEMAC-Nov26-Fiscal
D’après le membre du Conseil exécutif du Gicam, Guy Honoré Tchenté, la première de ces dispositions de la loi de Finances 2015 qui ne manque pas d’inquiéter les créateurs de richesses au Cameroun porte sur le plafonnement de déductibilité des redevances des brevets, marques, dessins et modèles. A ce sujet justement, le président de l’Ordre national des Conseils fiscaux du Cameroun  explique que le plafond de
déductibilité fixé à 2,5% du bénéfice fiscal imposable avant la déduction des frais en cause peut être contre-productif, dans le cas de saines relations entre entreprises indépendantes. A l’en croire, la mesure la plus controversée reste tout de même l’augmentation de 100% du taux du minimum de perception qui est passé de 1,1% à 2,2% du chiffre d’affaires. « En plus de la ponction de trésorerie qu’elle constitue pour l’ensemble des entreprises, cette mesure remet quasiment en cause la survie des entreprises à faible marge, comme celles opérant dans le secteur agricole », fait-il savoir. Avant d’insister sur le fait que, depuis l’entrée en vigueur de cette mesure, de telles entreprises éprouvent déjà de réelles difficultés à faire face à leurs versements spontanés.
Les autres mesures à problème se rapportent, apprend-on, au plafonnement à 500 000 FCFA des paiements en espèces, et à la réforme de l’IRPP (Impôt sur le revenu des personnes physiques). « En supprimant à la fois la progressivité du taux d’imposition pour les revenus autres que les revenus salariaux et l’abattement de 500 000 FCFA pour les revenus autres que les revenus salariaux, et en établissant le taux unique d’impôt sur l’IRPP de 30% pour les bénéfices industriels et commerciaux (BIC), certains bénéfices non commerciaux (BNC), les revenus fonciers et les bénéfices agricoles, la LF 2015 consacre, dans les faits , une aggravation de la charge fiscale des  personnes physiques », analyse Guy Honoré Tchenté. Dans la même lancée, la réforme des modalités d’imposition aux droits d’accises opérée par ce texte a, apprend-on, suscité beaucoup d’interrogations qui ont nécessité des ajustements par un arrêté conjoint Minfi-Mincommerce. Bien que les droits  d’accises soient une taxe sur la consommation, il n’en demeure pas moins qu’ils obèrent les possibilités d’expansion des entreprises, en réduisant la taille du marché, comme l’indique si bien le Conseiller du Gicam.
Bien entendu, d’autres préoccupations continuent de tarauder les esprits au sein de la communauté des créateurs de richesses dans le pays. « Des interrogations restent ouvertes sur la TSR (Taxe spéciale sur les revenus), sur les rémunérations versées à l’étranger par les sous-traitants, ayant opté pour la TSR pétrolière et sur l’assiette de la retenue à la source de 5,5% CAC compris sur certaines rémunérations de prestations payées aux personnes domiciliées au Cameroun », indique l’expert. En guise de recommandations, Guy Honoré Tchenté propose une amélioration de la concertation (secteur public-secteur privé), surtout en phase de finition des projets de loi de Finances, et autres textes fiscaux, et une poursuite de la décrue des taux d’imposition ; l’IS devant rapidement passer de 30 à 25% et la TVA de 19,25% à 15%.

Publié par Cemac Business en association avec Le Quotidien de l’Economie
Auteur: Joseph Roland Djotie