Toutes les communications seront coupées dimanche, jour d'élection
présidentielle au Congo, sur ordre des autorités pour éviter la
publication illégale de résultats.
La coupure s’étendra à la journée du lundi 21 mars, selon une
lettre adressée par le ministre de l’Intérieur Raymond Mboulou aux
opérateurs de télécommunications et dont l’AFP a obtenu une copie.
« Pour des raisons de sécurité et de sûreté nationales, veuillez
bloquer toutes les communications, SMS y compris, pour les journées du
20 et 21 mars 2016 », peut-on lire dans cette lettre.
Une mesure « contre la publication illégale de résultats », selon les autorités
« Cette décision gouvernementale n’entraîne aucune entrave au vote et
n’entrave en rien l’accès de l’opposition aux résultats, mais l’État
cherche à se prémunir contre la publication illégale de résultats »,
a-t-on déclaré de source gouvernementale.
« Le téléphone n’est pas un outil démocratique qui justifierait son
admission dans les bureaux de vote », a-t-on ajouté de même source.
Disant craindre des fraudes et n’avoir aucune confiance dans la
commission électorale nationale, cinq candidats d’opposition à la
présidentielle ont créé une commission technique parallèle chargée de
compiler les résultats à la sortie des bureaux de vote.
L’opposition qui compte avoir ses observateurs dans tous les bureaux
du pays comptait compiler ses propres résultats, sur la base des
procès-verbaux de chaque bureau, qu’ils comptaient photographier à
l’aide de téléphones portables, pas pour les comparer à ceux publiés in
fine au niveau national par la Commission nationale électorale
indépendante (CNEI).
Dimanche, le président Denis Sassou Nguesso, qui cumule plus de 32
ans de pouvoir, brigue un nouveau mandat face à huit candidats. Sa
candidature a été rendue possible par un changement de constitution
qualifie de coup d’État constitutionnel par l’opposition.

