Après avoir créé l’un des plus importants et
influents réseaux du Net, Mark Zuckerberg s’apprêterait à investir le
terrain politique. En effet, le créateur de Facebook serait sur le point
de lancer un groupe de
pression aux Etats-Unis. Un lobbying pour agir dans les domaines de l’éducation, de la recherche scientifique mais surtout sur la politique d’immigration américaine.
pression aux Etats-Unis. Un lobbying pour agir dans les domaines de l’éducation, de la recherche scientifique mais surtout sur la politique d’immigration américaine.
L’information, jusqu’ici
confidentielle, a fuité dans la presse depuis quelques jours : Mark
Zuckerberg serait sur le point de lancer un groupe de pression
politique. Le San Francisco Chronicle, Politico et le Wall Street Journal, qui ont annoncé la nouvelle, semblent particulièrement bien informés et si rien n’a encore été confirmé par Facebook, cela devrait être le cas d’ici un mois.
Le millionnaire serait donc sur le point de se lancer officiellement
dans du lobbying politique. Avec l’un de ses anciens camarades de l’université d’Havard,
Joe Green, ils en seraient actuellement à lever des fonds pour mettre
en place leur projet estimé à 50 millions de dollars (environ 40
millions d’euros). Et l’affaire avance bien, puisque le Wall Street Journal explique
que le duo a déjà réuni une partie du financement grâce aux
contributions d’une dizaine de dirigeants du secteur des nouvelles
technologies parmi lesquels figure notamment Reid Hoffman, le fondateur
de LinkedIn.
Un club de milliardaires
Economiquement, les leaders des nouvelles technologies aux Etats-Unis
ont de la réserve. Les milliardaires du high-tech américain sont
présents en nombre parmi les hommes les plus riches du monde. Selon la
liste publiée en début de mois par le magazine Forbes,
les dix géants de l’internet aux Etats-Unis pèseraient près de 240
milliards de dollars. De quoi jouer sur les orientations politiques d’un
pays.
D’ailleurs, ce n’est pas la première incursion dans ce domaine de
Mark Zuckerberg. En février dernier, le millionnaire du web avait
organisé dans sa maison de Palo Alto (Californie) une levée de fonds en
faveur de la réélection du gouverneur républicain du New Jersey, Chris
Christie. Natif de cette région de la côte-est des Etats-Unis, le
créateur de Facebook a lancé aussi un programme de soutien du système
scolaire pour lequel il s’apprête à léguer près de 100 millions de
dollars.
Objectif : influencer la politique d’immigration
La nouvelle organisation, dont le nom est pour l’instant gardé secret, est déjà en plein recrutement. Selon le San Francisco Chronicle,
elle serait animée par Jon Lerner et Rob Jesmer, deux consultants du
Parti républicain. Mais le Parti démocrate ne serait pas oublié puisque
le nom de l’ancien homme fort de la communication de l’ex-président Bill
Clinton, Joe Lockhart, circule lui aussi dans les médias.
Ce nouveau lobbying compte agir dans les domaines de l’éducation et
de la recherche scientifique. Mais son vrai cheval de bataille, même
s’il n’est pas encore présenté comme tel, sera la politique
d’immigration américaine. Depuis plusieurs années, les leaders de la
Silicon Valley font pression sur les autorités pour pouvoir recruter des
talents des hautes technologies venus du monde entier mais ils se
heurtent à une politique d’immigration de plus en plus ferme. Avec la
crise économique, le Congrès avait réduit le nombre de visas accordés
aux travailleurs étrangers.
Plus tôt au mois de mars, Mark Zuckerberg et 99 autres patrons
d’entreprises des nouvelles technologies ont même écrit une lettre au
président Barack Obama pour évoquer leurs difficultés et demander plus
de souplesse. « Beaucoup
d’immigrants hautement qualifiés veulent rester aux Etats-Unis mais
sont forcés de partir, n’ayant pu obtenir de visa permanent », écrivaient-ils. Les génies du high-tech choisissent alors d’autres destinations plus accueillantes.
Pas question donc pour les poids lourds américains du secteur de se
laisser prendre de vitesse par la concurrence étrangère. Jusqu’ici, le
web était assez peu représenté dans les groupes de pression mais avec
l’arrivée du petit nouveau, il y a fort à parier que les politiques
devront compter avec les géants du Net.
Par
Paulina Zidi
RFI

