Alors que les exactions de la secte terroriste reprennent de plus belle,
le contingent américain se distingue par un mutisme assourdissant.
Relançant la polémique sur les motivations de son implantation au
Cameroun. Débarqués secrètement ( ?) à Garoua en décembre 2015, les 300
soldats américains qui devraient aider les troupes camerounaises dans
les renseignements ne donnent plus signe de vie, alors même que les
attaques suicides des terroristes de Boko Haram reprennent de l’ampleur.
Que sont-ils devenus ? Leur arrivée en terre camerounaise, prétendument
en catimini, malgré l’annonce faite le 14 juin 2015 par le chef de
l’Etat du soutien américain dans la lutte contre Boko Haram, avait
suscité une polémique bien fleurie sur l’opportunité de leur présence au
Cameroun. Estimé à environ 150 à la fin du mois de décembre 2015, leur
nombre devait atteindre 300 au total au terme de leur implantation au
Cameroun, où ils avaient établi leur base au sein de l’hôtel La Bénoué à
Garoua. Officiellement, les troupes américaines n’étaient chargées
d’aucune mission opérationnelle sur le terrain des hostilités, leurs
cahiers de charges se limitant à la fourniture des renseignements au
profit des troupes camerounaises dans leur traque contre Boko Haram.
Avec 4 drones survolant la zone frontalière entre le Cameroun et le
Nigeria, les Américains étaient censés fournir des renseignements
plausibles sur les positions de la secte Boko Haram en territoire
nigérian, de même que sur leurs déplacements dans toute la zone du lac
Tchad, et la conservation de leurs armements. Il est incontestable que
sur le plan militaire, la secte Boko Haram a largement perdu du terrain.
237online.com Si l’on exclut les dernières incursions dans le Nord du
Niger, sanctionnées par des dizaines de morts et l’incendie de nombreux
villages, les Djihadjistes de Boko Haram, qui ont fait allégeance à
Deash, ont opté pour des méthodes plus lâches et sournoises d’attaques
kamikazes et suicidaires. Mais n’empêche, l’activisme des adeptes de la
secte continue de secréter des morts au sein des populations innocentes
du Cameroun et des autres pays du bassin du lac Tchad. Entretemps, aucun
bilan sur l’action des Américains, en dépit de la confidentialité qui
est sensée encadrer leurs interventions prétendues. Originalité de leur
intervention au Cameroun ? Sous d’autres cieux où les drones américains
sont opérationnels, des informations fusent de temps à autre sur leurs
interventions ou leur rôle dans la capture des soldats ennemis.
Contrôle du golfe de Guinée
A Garoua où ils avaient établi leur quartier général à l’hôtel La
Bénoué, les populations scrutent leurs actions sans grand succès.
Naturellement, l’une des clauses de leur cahier de charges était
d’évoluer en vase clos, sans contact avec les populations. Un effacement
qui suffit à susciter des questionnements sur le rôle et le bilan des
soldats américains dans la lutte contre Boko Haram, surtout au moment où
certains officiels du gouvernement évoquent avec récurrence des
manœuvres de déstabilisation du Cameroun depuis l’extérieur. Se confiant
à un quotidien camerounais le 30 décembre 2015, un officier de l’armée
camerounaise se montrait jubilatoire sur le rôle des troupes américaines
dans cette guerre en ces termes : « ces troupes américaines nous
apportent beaucoup dans le domaine du renseignement et de la
reconnaissance aérienne. Je peux vous confier que sur le plan militaire,
l’apport des Américains est apprécié par nos soldats sur le front
». Cette assurance suffit-elle à lever les équivoques qui pèsent
toujours au sein d’une certaine opinion sur cette implication américaine
qui pour autant ne fait pas faiblir systématiquement la secte islamiste
Boko Haram ? Question de conscience qui crédibilise la frilosité qui
avait accompagné l’implantation des Américains au Nord-Cameroun.
Davantage quelques temps seulement après le démantèlement et le départ
de ce que quelques critiques avaient noté comme étant une base militaire
française à Ngaoundéré, pratiquement dans la même zone.
237online.com Ce qui avait fait dire à quelques observateurs que les
deux puissances se livraient à un chassé-croisé au nord du Cameroun.
Certains se demandaient et continuent de se demander pourquoi une base
militaire à Garoua alors que c’est l’Extrême-Nord qui se trouve être
l’épicentre des exactions des terroristes de Boko Haram. Les plus retors
récusent la présence des troupes américaines, estimant qu’elles sont
souvent le creuset de la déstabilisation et de l’instabilité des pays
d’accueil. Et le monde foisonne de pays qui recherchent inlassablement
la paix après le passage des troupes américaines sur leurs territoires :
de l’Afghanistan en Somalie en passant par l’Irak, la Syrie ou la
Libye. De quoi crédibiliser les craintes de ceux qui ne voyaient dans le
déploiement américain à Garoua qu’une volonté de l’armée du pays de
l’oncle Sam d’étendre son influence sur le continent, et surtout pour le
contrôle du golfe de Guinée dont on connait la richesse en minerais de
tous genres et de tous acabits.
Nestor DJIATOU
237online.com

