
De violents affrontements ont opposé jeudi forces de
l'ordre et opposants dans les rues de la capitale,
Jakarta. Les
contestataires indonésiens dénoncent des "fraudes massives", du
président réélu, Joko Widodo.
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Nouvelle nuit de violences à Jakarta. Les effectifs des forces de l'ordre ont été significativement renforcées dans la capitale indonésienne
jeudi 23 mai après des affrontements entre policiers et partisans de
l'opposition qui contestent la réélection du président Joko Widodo.
Quelque
58 000 policiers et militaires ont été déployés dans les rues de
Jakarta, contre une trentaine de milliers précédemment, alors que des
manifestants ont à nouveau attaqué dans la soirée les forces de l'ordre
avec des jets de pierre et des feux d'artifice. "Nous avons arrêté plus
de 300 suspects. Nous les interrogeons et nous avons des preuves [d'un
mouvement organisé]", a indiqué le porte-parole de la police nationale, à
l'AFP, en précisant que "de l'argent, des faucilles, des machettes et
des feux d'artifices [avaient été saisis]".
L’opposition dénonce des "fraudes massives"
Les
affrontements qui ont débuté dans différents points de la capitale dans
la nuit de mardi à mercredi ont fait six morts au cours de la première
nuit de violences. Les victimes étaient très jeunes, dont un lycéen de
17 ans et un jeune homme de 19 ans, selon les médias locaux. Les
circonstances de leur mort ne sont pas connues, mais la police a assuré
ne pas avoir fait usage de balles réelles contre la foule.
Les
manifestants sont descendus dans la rue après l'annonce surprise tôt
mardi des résultats officiels de l'élection présidentielle confirmant la
victoire de Joko Widodo face à l'ex-général Prabowo Subianto, à 55,5 %
des voix contre 44,5 %.
Le candidat battu refuse de reconnaître sa
défaite au scrutin du 17 avril, invoquant des "fraudes massives", et
doit déposer ce jeudi un recours devant la Cour constitutionnelle, selon
son équipe de communication.
Éviter la capitale
Le centre de la capitale était calme jeudi matin, mais de nombreux bureaux, centres commerciaux et écoles restaient fermés.
Plusieurs
ambassades ont appelé leurs ressortissants à ne pas se rendre dans le
centre de la capitale où les forces de police ont bloqué des routes
menant vers la commission électorale (KPU) et l'organe de supervision
électorale (Bawaslu).
Ces institutions, prises pour cible par les
manifestants, étaient protégées par des rouleaux de fil de fer barbelés
et des centaines de policiers et de militaires.
France 24 Avec AFP

