Le 12 juillet, une vingtaine de candidats avaient déposé leur dossier de
candidature devant la Commission électorale nationale autonome et
permanente (Cenap), qui devait les examiner.
Mais ceux qui peuvent influer sur le cours du scrutin se comptent sur les doigts d’une main.
Les nostalgiques de l’ancien régime
Guy Nzouba Ndama
Profil : âgé de 70 ans, l’ex-président de l’Assemblée nationale a
commencé par enseigner la philosophie. En mars dernier, il a démissionné
du perchoir et du PDG pour se présenter à la présidence, et il peut se
targuer du soutien d’Héritage et Modernité.
Forces : le « système Nzouba » est un entrelacs de réseaux tissés
pendant ses deux décennies au perchoir. Il connaît extrêmement bien la
classe politique gabonaise.
Faiblesses : c’est un Pouvi de l’Ogooué-Lolo, un fief électoral peu
peuplé. Il a trop longtemps été associé au pouvoir pour que les
opposants le considèrent comme l’un des leurs.
Léon Paul Ngoulakia
Profil : cet assureur de carrière est le fils d’Emma Rose Ngoulakia,
la sœur aînée de Patience Dabany, mère du chef de l’État. Ngoulakia,
58 ans, est donc le cousin germain du chef de l’État. Il a dirigé
l’Agence de promotion des investissements privés (Apip), puis a été
porté à la tête du Conseil national de sécurité (CNS), avant de diriger
la Caistab. Il a démissionné en octobre 2015 et est candidat du
Mouvement patriote et républicain (MPR).
Forces : issu d’un système qu’il connaît par cœur, notamment dans sa
composante sécuritaire, il peut disposer d’une vraie capacité de
nuisance. Il est peut-être aussi le porte-voix des déçus de la province
du Haut-Ogooué, qui voteraient pour le retour des privilèges auxquels
les avait habitués l’ancien régime.
Ses faiblesses : ceux qui honnissent la famille Bongo n’oublieront
jamais qu’il en est l’un des piliers. Son engagement est moins porté par
un programme que par le ressentiment, et il traîne, à Libreville, une
réputation de dilettante un peu trop fortuné.
Les rénovateurs
Casimir Oyé Mba
Profil : l’ancien gouverneur de la Banque des États de l’Afrique
centrale (BEAC) a été cinq ans Premier ministre d’Omar Bongo Ondimba. Ce
Fang de l’Estuaire est aujourd’hui, à 74 ans, le vice-président de
l’UN. Aux jeunes, qu’il espère séduire malgré ses 74 ans, il répète
qu’il n’est pas franc-maçon, mais qu’il a eu une riche carrière.
Forces : son image de fort en thème construite depuis la BEAC. Sa
carrière sans tache ni scandale. Sa modération, qui l’a souvent conduit à
parler avec le pouvoir pour désamorcer les crises. Il est soutenu par
un parti bien implanté sur l’ensemble du territoire.
Faiblesses : son désistement en 2009.
Raymond Ndong Sima
Profil : cet économiste de 61 ans né à Oyem, dans le Woleu-Ntem, a
été deux ans le Premier ministre d’Ali Bongo Ondimba avant de rejoindre
l’opposition, où il roule pour son propre compte. Il prône le
redressement économique du pays, une réforme radicale de l’État et un
ajustement de ses dépenses.
Forces : il a une image d’homme intègre au caractère entier. On lui
reconnaît des compétences de technicien et un tempérament de travailleur
acharné.
Faiblesses : il a passé une partie de sa vie à restructurer des
entreprises en difficulté. On ne se fait pas que des amis en mettant les
gens au chômage. Ses collaborateurs le trouvent têtu et peu disposé à
l’écoute. Il n’est pas non plus un chef de bande susceptible de susciter
des fidélités durables.
Le populiste
Jean Ping
Profil : originaire de l’Ogooué-Maritime, il est, à 74 ans, devenu la
coqueluche des médias depuis qu’il a rejoint l’opposition. Il montre
des qualités de bête politique.
Forces : il dispose d’un bon carnet d’adresses. Ancien directeur de
cabinet de Bongo père, ex-ministre des Affaires étrangères, c’est un
personnage madré du marigot. Il est parti en campagne avant tout le
monde, et l’argent, qui lui permet d’entretenir nombre d’amitiés, est
l’un de ses points forts.
Faiblesses : l’argent est aussi son point faible. Son fils est mis en
cause dans des scandales financiers, et ses liens avec certains membres
de la famille Bongo, comme Pascaline, la sœur du chef de l’État, qui
fut sa compagne, lui coûtent des points de crédibilité. Il semble mû par
l’obsession d’être le numéro un.
Le figurant
Pierre Claver Maganga Moussavou
Profil : dans la série « élections présidentielles », le président du
Parti social-démocrate (PSD) est de toutes les saisons. À 64 ans, il
entame sa quatrième campagne sans que personne ne soit capable de dire
ce que veut l’ancien ministre de Bongo père, toujours maire de Mouila.
Forces : son fief de La Ngounié. Lors des législatives de 2011, il
est parvenu à y faire élire son épouse, Albertine Maganga Moussavou, qui
est aussi vice-présidente du PSD.
Faiblesses : son projet de société dépense sans compter. Il a formulé
15 propositions où il accorde toutes sortes d’allocations, de crédits
d’étude, de crédits de formation professionnelle, d’aides et
d’indemnités en tous genres, sans en détailler le financement.
Jeune Afrique

