La répression de l'opposition citoyenne se durcit à Harare, où les
forces de l’ordre ont dispersé à coups de matraque et de canons à eau un
groupe de manifestants, rassemblés devant le ministère des Finances
pour
dénoncer la politique économique du gouvernement.
Parmi les centaines de manifestants
réunis devant le ministère, une grande partie d’entre eux arboraient le
drapeau du Zimbabwe autour du cou, un signe devenu symbole du mouvement de contestation civile #thisflag, qui a gagné le pays depuis quelques mois.
Selon un correspondant de l’AFP, on
pouvait lire sur les pancartes brandies par la foule : « Un jour
libérateur, désormais oppresseur, Mugabe doit partir, vous avez échoué
M. Mugabe. »
« Ce que nous disons est simple: nous
avons besoin d’emplois », a indiqué Douglas Munjere, 30 ans et sans
emploi depuis sa sortie de l’université. Et d’ajouter : « Tous ces gens
devraient être au travail mais il n’y a pas d’emplois. »
Des mesures économiques jugées chaotiques
Le manifestant fait partie d’un groupe
de jeunes diplômés sans emploi qui, interdits de se rassembler par la
police à Harare, ont finalement rejoint un autre cortège, qui protestait
contre l’introduction par le ministère des Finances d’une nouvelle devise indexée sur le dollar.
Craignant qu’une telle mesure signe le
retour de l’hyperinflation, qui avait dévasté l’économie zimbabwéenne
en 2008-2009 et poussé le pays à abandonner sa devise nationale, les
manifestants sont venus déposer une pétition contre cette décision
devant le ministère des Finances.
À court de liquidités depuis quelques
mois, le gouvernement zimbabwéen cumule les retards de paiement de ses
fonctionnaires et de versement des pensions de retraite. Une situation
qui vient miner l’économie zimbabwéenne, en crise depuis le début des années 2000.
La colère gronde contre le régime de Mugabe
Le régime du président Robert Mugabe, 92 ans, fait l’objet de vives condamnations à travers le pays, y compris parmi ses anciens sympathisants.
Il y a deux semaines, le mouvement de contestation a été rejoint par
les vétérans de la guerre d’indépendance, historiquement liés au
président Mugabe, qu’ils appellent désormais à démissionner.
La répression de cette manifestation s’inscrit dans la série de représailles promises par le président zimbabwéen en réaction à cette vague d’opposition. Depuis la semaine dernière, cinq vétérans ont été arrêtés.
Par Jeune Afrique avec AFP

