Invité la semaine dernière par nos confrères du journal sportif
France Football, Yaya Touré l’ancien capitaine des éléphants de Côte
d’ivoire, s’est exprimé pour expliquer les raisons pour lesquelles il y a
ce manque de
renouvellement au niveau de la reconnaissance des
performances africaines.
«Depuis quelque temps maintenant, je constate moi aussi que les
Africains ont du mal à s’imposer ou à exister dans les plus grandes
équipes. Mais tout ceci est un peu de la faute de Didier (Drogba),
d’Eto’o, d’Essien ou encore d’Okocha. Et peut-être, aussi, un tout petit
peu de la mienne, sans vouloir passer pour un prétentieux. Ces
joueurs-là ont placé la barre tellement haute que c’est très dur
d’arriver derrière.», a-t-il déclaré.
«Les Africains se laissent parfois aller trop vite. Ils sont dans
leur monde, ils se croient arrivés, les plus beaux, les plus forts.
Mais ils ne comprennent pas qu’il y a encore plein d’autres marches à
gravir pour aller jusqu’en haut. Malheureusement, beaucoup ne voient
dans ce job que le bon côté : l’argent facile, les filles, les sorties,
les jolies voitures, les belles fringues. Et abandonnent trop vite
l’idée d’aller chercher les meilleurs. Ils ne savent pas toujours
souffrir.» poursuit-il.
«Beaucoup se contentent de peu. Ils envoient de l’argent au pays
et sont à l’abri pour les prochaines années. Pourquoi se faire mal ? En
fait, j’ai le sentiment qu’ils s’empêchent de viser haut. Comme par
fatalisme. Ils pensent que le top du top n’est pas fait pour eux. Et
pourquoi pas ? Même s’il passait parfois pour quelqu’un d’un peu
arrogant ou prétentieux, Samuel Eto’o, lui, avait cette faim de montrer
et de monter tout en haut.» a-t-il ajouté.
«Si j’avais été brésilien, je crois que tout aurait été plus
facile pour moi. C’est juste un constat, je ne cherche vraiment pas des
excuses. Mais j’ai toujours eu un peu cette impression de déranger. Qui ?
Un peu tout le monde : l’ordre établi, les observateurs, des
entraîneurs, des décideurs. En fait, quand un Africain arrive tout en
haut, ce n’est pas toujours bien ressenti. Comme s’il ne fallait pas.
Comme s’il n’était pas à sa place.» a-t-il conclu.
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