Le parti au pouvoir en Angola a officiellement lancé samedi sa
campagne pour les élections générales d'août 2017, en l'absence du chef
de l'Etat José Eduardo dos Santos qui ne briguera pas un autre mandat
selon des
sources internes à la formation.
La cérémonie, organisée dans le stade du 11 novembre de Luanda en
présence de plusieurs milliers de personnes, était présidée par le
ministre de la Défense, Joao Lourenço, présenté comme le successeur de
M. dos Santos.
La semaine dernière, des sources internes au Mouvement populaire pour
la libération de l’Angola (MPLA, au pouvoir) avaient indiqué que le
chef de l’Etat, au pouvoir depuis 37 ans, ne serait pas candidat à sa
succession.
Selon ces mêmes sources, l’ancien général Lourenço, et actuel numéro 2
du parti, a été nommé tête de liste du MPLA pour les élections
générales de 2017. Il deviendra donc président en cas de victoire du
parti.
Depuis cette « fuite », le MPLA et la présidence étaient cependant
restés muets, et la population angolaise attendait l’officialisation de
ces décisions samedi, à l’occasion du 60e anniversaire du parti.
Mais le MPLA, formation politique d’origine marxiste-léniniste, est
resté fidèle à sa réputation d’opacité, et n’a pas fait publiquement
d’allusion samedi au départ du président dos Santos.
La vice-présidente du parlement et membre du comité central du MPLA, Joana Lina, a cependant confirmé à l’AFP l’information.
« Au sein du parti, nous savons qui sera le successeur du président
dos Santos et le candidat du parti aux élections », a-t-elle déclaré
sans toutefois lâcher de nom.
« Ce n’était pas aujourd’hui le moment opportun de l’officialiser.
L’annonce officielle sera faite dans quelques jours », a-t-elle ajouté
sans plus de précisions.
Selon le programme des cérémonies samedi, M. dos Santos devait
présider le lancement de la campagne électorale. Aucune raison
officielle n’a été avancée pour expliquer son absence.
Le président, âgé de 74 ans, est souffrant depuis plusieurs années et
effectue régulièrement des séjours en Europe pour se faire soigner. Sa
maladie est « un secret de Polichinelle », explique à l’AFP Didier
Péclard, spécialiste de l’Angola à l’université de Genève.
« Victoire entre nos mains »
L’annonce la semaine dernière de son départ n’a pas surpris outre mesure.
M. dos Santos, le vice-doyen africain en terme de longévité au
pouvoir, avait lui-même annoncé en mars son intention de mettre fin à sa
carrière politique en 2018.
C’est son très probable successeur, Joao Lourenço, un pur produit du régime angolais, qui a présidé la cérémonie samedi.
« Le MPLA est l’unique parti capable de gouverner et diriger l’Angola », a-t-il affirmé devant des milliers de partisans.
« La victoire est entre nos mains », a-t-il ajouté, vêtu d’un
pantalon noir et d’une chemise rouge rehaussée d’une écharpe jaune d’or,
les couleurs du drapeau angolais.
« Notre parti a l’avantage d’être déjà au pouvoir. Nous avons tout
pour gagner les élections. Le MPLA est le seul parti qui a décroché
l’indépendance. A part le MPLA, il n’existe pas d’autre parti », a-t-il
lancé.
L’Angola a mis fin au régime du parti unique en 1991, mais le MPLA,
au pouvoir depuis l’indépendance en 1975 de cette colonie portugaise, a
continué de diriger le pays.
Jusqu’à récemment, les enfants de M. dos Santos, notamment sa fille
Isabel, une milliardaire à la tête de la compagnie pétrolière nationale
Sonangol, étaient pressentis pour succéder à leur père à la présidence.
Mais le ministre de la Défense semble avoir profité d’un concours de
circonstances favorables. « Plusieurs personnes haut placées dans le
parti ont tapé du poing sur la table » dans l’hypothèse où l’un des
enfants dos Santos prendrait sa succession, a expliqué à l’AFP Soren
Kirk Jensen, du centre d’études Chatham House à Londres.
Et ils ont poussé la candidature de Joao Lourenço, « à la réputation de modéré », a-t-il ajouté.
Jeune Afrique

