Sept hauts responsables de la République démocratique du Congo (RDC)
accusés d'entraver le processus démocratique à quelques jours du terme
du mandat du président Joseph Kabila, initialement censé avoir lieu
le
20 décembre, sont visés par l'Union européenne.
Plusieurs sources européennes ont fait état de sanctions comprenant
gel des avoirs et interdiction de séjour dans un pays de l’UE. Elles
ciblent essentiellement des responsables sécuritaires et devraient,
selon un diplomate, être adoptées lundi à l’occasion d’une réunion à
Bruxelles des ministres des Affaires étrangères.
Un autre diplomate a assuré que les sanctions étaient déjà prêtes
mais que la décision finale devait être prise par les ministres. Il
semblerait, selon cette même source, qu’une part des ministres
souhaitent attendre le 20 décembre, date officielle de la fin du mandat
de Kabila afin de voir si la médiation en cours menée par l’épiscopat
catholique congolais peut déboucher sur une sortie de crise.
Préparer la transition
L’incertitude plane encore sur les intentions de Kabila, au pouvoir
depuis 15 ans et à qui la Constitution interdit de se représenter.
L’élection présidentielle qui devait désigner son successeur à la fin de
l’année a été reportée sans date exacte, ce que l’opposition dénonce
depuis plusieurs mois.
Les négociations en cours à Kinshasa doivent aboutir à l’installation d’un gouvernement de transition jusqu’à l’organisation d’élections en bonne et due forme. En
décidant de sanctions individuelles contre des proches du président,
les pays de l’UE, qui espèrent un scrutin le plus tôt possible en 2017,
mettraient ainsi leurs menaces du mois d’octobre à exécution. les chefs
d’État de l’Union s’étaient alors dits prêts à sanctionner ceux qui se
rendent responsables de graves violations des droits de l’homme ou qui
feraient obstacle à une sortie de crise consensuelle, pacifique et
respectueuse de l’aspiration du peuple congolais à élire ses
représentants.
Imiter les États-unis
Parmi les sept personnalités ciblées, certaines ont joué un rôle
prépondérant dans la répression meurtrière des manifestations
d’opposants les 19 et 20 septembre à
Kinshasa en marge d’une manifestation d’un rassemblement de
l’opposition. Une cinquantaine de personnes avaient été tuées. Un retour
des violences dans ce pays ravagé par deux guerre en 1996 et 2003
inquiète la communauté internationale.
Dans un communiqué publié vendredi, plusieurs ONG internationales,
parmi lesquelles Human Rights Watch (HRW), la Fédération internationale
des ligues des droits de l’Homme (FIDH) ou encore Reporters sans
frontières (RSF) ont appelé l’Europe à imiter les États-Unis, qui ont déjà pris des sanctions ciblées contre trois responsables sécuritaires congolais. Des sanctions qui, selon ces ONG, ont eu un effet dissuasif notable.
Jeune Afrique

