Le ministre de la Communication menace de couper le signal de Radio France Internationale au Cameroun.
La menace est à peine voilée. Issa Tchiroma Bakary prévient : le signal de RFI pourrait
être coupé au Cameroun. Le ministre de la Communication, porte-parole
du gouvernement a donné une conférence de presse hier, 2 mai 2017,
relative à la célébration ce 3 mai de la Journée internationale de la liberté presse.
Répondant à une question sur la peine infligée à Ahmed Abba, correspondant de RFI (condamné récemment à 10 ans de prison ferme pour « blanchiment de produits de terrorisme » et « non dénonciation d’actes terroristes »), le MINCOM a réitéré que notre confrère n’est pas un journaliste.
« Il n’y a pas de journalistes prisonniers dans notre pays. Ahmed Abba est puni pour les raisons que vous connaissez », a déclaré l’ancien ministre des Transports avant d’ajouter « ça
n’a rien à voir avec le journalisme. On a retrouvé sur lui, un
téléphone qui appartenait à un homme assassiné à Maïduguri (Nigeria
ndlr). C’est pour cette raison qu’on parle de Blanchiment d’actes
terroristes », a-t-il dit.
Yaoundé avait mal perçu la mobilisation initiée par RFI après la
condamnation de son correspondant. Issa Tchiroma avait même effectué une
sortie qualifiant d’«inacceptable », l’attitude de la radio française. Le porte-parole du gouvernement est allé plus loin mardi. « RFI
a mobilisé tout ce qu’ils pouvaient mobiliser ; Reporters Sans
Frontières, tel de Washington, tel de New-York… c’était une bataille
rangé contre notre Nation. Mais ils constatent que notre Nation est
toujours verticale. En revanche je leur ai dit une chose : RFI n’est pas
indispensable. La paix, la concorde, l’unité de nationale dans notre
pays, c’est ce qui est indispensable, pas RFI. Si cette menace
perdurait, je suis investi de pouvoirs de régulation pour mettre un
terme à toute menace », a averti Issa Tchiroma.
Comme on le voit, le MINCOM fait une fois de plus recours à la
théorie du complot qu’il affectionne tant. Il y a quelques jours, c’est Jeune Afrique qui était mis à l’index. Au même moment, des journalistes camerounais dont la voix porte à l’instar de Haman Mana ou Denis Kwemo, et les organismes internationaux continuent à dénoncer les menaces graves qui pèsent sur la liberté de la presse au Cameroun.
Par Jean-Marie NKOUSSA | Cameroon-Info.Net

