
Au terme de quatre jours de crise dans tout le pays, l'Etat ivoirien va donc payer le reliquat de primes promis en janvier dernier aux mutins. Mais en plus du temps perdu, ces événements resteront comme un gâchis en termes d'image pour le pays et surtout abimeront durablement le pacte de confiance entre la Côte d'Ivoire et son armée.
« Le gouvernement sort plutôt grandi de cette affaire, car vous
savez, l’objectif ici est de faire en sorte que la Côte d’Ivoire reste
stable », s’est réjoui le ministre de la Défense, Alain Richard Donwahi, après l’annonce de l’accord passé avec les mutins.
Si la Côte d’Ivoire
peut effectivement se féliciter, comme ce ministre, que cette crise
n'ait pas entrainé plus de morts et que l'affrontement direct entre
frères d'armes ait été évité, le gouvernement ne pourra pas faire
l'économie d'une réflexion sérieuse et de mesures efficaces sur l'état
de son armée.
Faire plier un ministre
Des troupes, dont une partie, moins de 8 400 hommes disséminés sur
tout le territoire, a su faire plier l'apparente fermeté d'un ministre
qui, il y a moins d'une semaine, annonçait qu'il n'y avait rien à
négocier. Des mutins qui auront à peine tremblé lorsque le chef
d'état-major des armées annonçait une opération militaire imminente qui
n'a finalement jamais eu lieu. A force de tirs en l’air dans les
casernes, des éléments de l’armée auront donc réussi à faire revenir
l'Etat à la case départ : celle du paiement des primes initialement prévues.
Dans sa gestion comme dans sa résolution, cette crise laisse beaucoup
d’observateurs perplexes sur la capacité de l'Etat à faire respecter
l'ordre dans ses casernes. Un chantier de plus à mener pour le
gouvernement d'Alassane Ouattara d'ici 2020.

