Des organisations de défense des droits de l'homme et des victimes
ont exigé vendredi la clôture de
l'instruction de la justice guinéenne
sur le massacre du stade de Conakry en 2009 avant le huitième
anniversaire, le 28 septembre.
« Le temps est venu, selon nous, pour que l’instruction
judiciaire initiée en février 2010 se termine », a déclaré lors d’une
conférence de presse à Conakry le responsable Afrique de la Fédération
internationale des droits de l’homme (FIDH), Florent Geel.
Dans un communiqué conjoint, la FIDH et d’autres ONG, dont
l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’homme (OGDH) et
l’Association des victimes, parents et amis du 28 septembre 2009
(Avipa), disent avoir mené cette semaine une mission en Guinée pour
exiger « la clôture de l’instruction judiciaire avant le 28 septembre ».
Elles estiment le dossier suffisamment complet « pour le
fermer et le renvoyer devant un tribunal, devant des juges qui vont
devant le peuple guinéen juger de la culpabilité ou de l’innocence d’au
moins 14 personnes qui sont déjà inculpées dans ce dossier, dont
l’ex-président Moussa Dadis Camara », a précisé Florent Geel.
« Occasion historique »
« La Guinée a une occasion historique de poursuivre l’oeuvre
de justice qui a été initiée en Afrique, notamment avec le procès (par
un tribunal spécial africain au Sénégal du président tchadien déchu)
Hissène Habré », a-t-il ajouté.
« Tous les grands mots de nos dirigeants parlant de
l’indépendance, de la justice, de ‘solutions africaines aux problèmes
africains’, ils peuvent les démontrer dès maintenant », a insisté le
responsable de la FIDH.
Il est possible d' »ouvrir le procès au plus tard au début
de l’année 2018, comme s’y est à nouveau engagé le ministre de la
Justice, Cheick Sako, lors de notre rencontre », a indiqué de son côté
le président de l’OGDH Abdoul Gadiry Diallo, cité dans le communiqué.
Le 28 septembre 2009, des militaires avaient tué au moins
157 personnes et violé 109 femmes, dans un stade de Conakry où étaient
rassemblés des milliers d’opposants à la candidature à l’élection
présidentielle du chef de la junte de l’époque, Moussa Dadis Camara,
selon une commission internationale d’enquête de l’ONU.
Moussa Dadis Camara vit en exil au Burkina Faso, où il a été
inculpé en juillet 2015 par des magistrats guinéens pour son
implication présumée dans le massacre.
Son ancien aide de camp, Aboubakar Sidiki Diakité, dit
Toumba Diakité, extradé du Sénégal vers la Guinée en mars, fait
également partie des prévenus.
Source: Jeune Afrique

