Des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre ont secoué Lomé, Anié, Sokodé et Kara, ce samedi matin 19 août. Ils ont fait deux morts à Sokodé selon les autorités ; le leader du Parti national panafricain (PNP), un parti d'opposition qui avait appelé à manifester, évoque lui au moins sept morts, et beaucoup de blessés. Des dizaines d'arrestations auraient eu lieu. Les manifestants marchaient pour le retour à la Constitution de 1992 et le vote de la diaspora. Les marches avaient été interdites la veille, vendredi 18 août, car le PNP avait refusé les itinéraires indiqués par le gouvernement. Le calme est revenu au Togo, samedi en milieu de journée.
Conséquence des manifestations à l'appel du PNP, la circulation
était timide sur la route nationale numéro 1 à Lomé, au Togo, ce
samedi après-midi 19 août. Des fourgons blindés et des chars à eau
stationnaient aux grands carrefours de la capitale togolaise, jusqu'au
croisement GTA, non loin du palais présidentiel. Un check point de
militaires inhabituel, à la hauteur de l'état-major général des forces
armées togolaises, était en place.
Le PNP togolais, inconnu jusqu'en janvier 2017, mobilise désormais
les foules et, pour ce samedi, il avait appelé à des marches dans cinq
villes du Togo et dans quelques pays où se trouve la diaspora togolaise.
Il s'agit de réclamer le retour à la Constitution de 1992 - qui limitait, notamment, à deux le nombre de mandats présidentiels - et le vote de la diaspora.
Des marches interdites faute d’accord sur les trajets à emprunter
Depuis la veille des manifestations, vendredi, le ministre de la
Sécurité avait prévenu qu'il n'y aurait pas de marche, les dirigeants du
PNP ayant refusé les itinéraires que le gouvernement leur indiquait.
Tous les rassemblements ont donc été dispersés à coups de gaz
lacrymogènes et de matraques, ce samedi matin. Lomé, Anié, Sokodé et
Kara ont été secoués.
On dénombre au moins deux morts à Sokodé, selon les autorités togolaise. Le leader du PNP, Tikpi Atchadam parle lui d'au moins sept tués. « Les bérets rouges sont intervenus en tirant à balles réelles [à Sokodé, NDLR].
A Lomé, la même chose. Des militaires, habillés en gendarme, ont fait
irruption à l’intérieur des foules et ils ont tiré, à bout portant, des
gaz lacrymogènes », détaille-t-il. A Sokodé, le commissariat a été
saccagé, du matériel emporté et mis à feu, une fourgonnette de police a
été incendiée.
A Kara, il y a eu des arrestations, des tirs de balles en caoutchouc et « nous avons déploré beaucoup de blessés », a ajouté Tikpi Atchadam.
« La liberté de manifestation est en danger »
Selon le président du PNP, il est incompréhensible de compter des morts et des blessés lors d’une manifestation pacifique - « Nous avons mis plus d’une année à former nos militants aux principes de la non-violence avant d'organiser cette marche »,
précise-t-il - et il demande, en conséquence, l'arrestation des auteurs
de ces violences et appelle toute l'opposition togolaise à l'unicité
d'action.
« La liberté de manifestation est en danger. C’est pour ça que
nous invitons tous les partis politiques d’opposition à se joindre à
nous ; dans tous les cas, à faire en sorte que cette lutte soit une
lutte nationale, et exiger d’abord que tous ceux qui ont été arrêtés
soient relâchés, que, surtout, ceux qui sont morts, que l’on fasse leur
autopsie, et que l’on puisse arrêter les auteurs de cette violence
barbare et qu’ils soient traduits devant la justice. Voilà, nos
exigences », a martelé Tikpi Atchadam.
Dans un communiqué publié vendredi, en guise de soutien, Jean-Pierre
Fabre, chef de file de l'opposition togolaise avait promis « de ne pas rester inactif si le pouvoir persistait dans sa volonté d'empêcher la manifestation »
de ses camarades du PNP, dont il partage les revendications. Après les
violences qui ont émaillé la journée de samedi, il réitère ce soutien.
Je demande au peuple togolais,
sur toute l'étendue du territoire national, de continuer la
mobilisation sans faiblir. Je vois les signes de la fin de ce régime et
je dis simplement que nous ne pouvons pas accepter que le régime
recherche par tous les moyens des subterfuges pour échapper à la mise en
œuvre des réformes auxquelles il s'est engagé dans l'accord politique
global.
Jean-Pierre Fabre
Parmi les mesures dont Jean-Pierre Fabre réclame l'application, il y a
le retour à la limitation du nombre de mandats présidentiels,
l'organisation de scrutins à deux tours et la réforme de plusieurs
institutions.
Par RFI
Le peuple a pris le contrôle de la ville de Sokodé, ville d'origine
de Faure Gnassimbé, où il a fait 100% à la dernière élection présidentielle.



