La chanteuse sénégalaise Amy Collé Dieng a été interpellée jeudi
soir dans le quartier du Plateau, à
Dakar, suite à la diffusion d’un
enregistrement audio - dont l’origine demeure inconnue - où elle
critique le président Macky Sall.
La chanteuse de « mbalakh » Amy Collé Dieng se trouve
actuellement en garde à vue pour « offense au chef de l’État » et «
diffusion de fausses nouvelles », a confirmé une responsable de la
police de Dakar jointe au téléphone par Jeune Afrique.
En cause, un enregistrement diffusé quelques jours plus tôt
sur des sites d’informations sénégalais, dans lequel la chanteuse
déclare que « le chef de l’État est un bandit froid, un manipulateur qui
emprisonne les innocents et est prêt à tout pour garder le pouvoir ». «
J’appelle les Sénégalais à se lever contre la tyrannie du président
Macky Sall », poursuit-elle dans le document.
Six mois à deux ans de prison encourus
Des critiques envers le chef de l’État qui pourraient lui
valoir une peine de six mois à deux ans de prison et une amende de 100
000 à 1 500 000 francs CFA, selon l’article 254 du code pénal. Quant à
la « diffusion de fausses nouvelles », elle est passible d’un à trois
ans de prison et d’une amende de 100 000 et 1 500 000 francs CFA
(article 255 du même code).
Une affaire similaire
avait défrayé la chronique au début du mois de juin. Quatre personnes
avaient alors été arrêtées après avoir diffusé sur la messagerie
instantanée WhatsApp un photomontage mettant en scène un homme nu avec
le visage de Macky Sall. Le juge d’instruction les avait inculpées et
placées sous mandat de dépôt, pour « diffusion d’image contraire aux
bonnes mœurs et association de malfaiteurs ».
Les deux affaires interviennent dans un climat politique tendu au Sénégal.
La large victoire revendiquée par la majorité présidentielle aux
élections législatives du dimanche 30 juillet est contestée par
l’opposition menée par le maire de Dakar, Khalifa Sall, et l’ancien
président Abdoulaye Wade.
Source: Jeune Afrique

