Grâce à Ange Frédérick Balma, un ingénieur ivoirien, ce
dispositif testé dans un village isolé de
la Cöte d’Ivoire est une
première sur le continent africain.
Drongouiné, est le dernier village ivoirien avant le Liberia, dans
l’ouest du pays. Cette localité très isolée est depuis avril 2017,
équipée de panneaux solaires permettant de fournir la lumière aux
populations, une fois la nuit tombée. Mais la grande innovation est que
cette lumière diffusée permet également l’accès à internet et à la
télévision sans aucune connexion filaire et encore moins le wifi. Si
vous vous étonnez, eh bien pensez au LI-FI. A travers cette variante de
la technologie sans-fil d’accès internet, Ange Frédérick Balma, a
permis à 5.000 habitants d’avoir accès pour une première, à la toile
mondiale.
C’est quoi le Li-Fi ?
Vous connaissez le Wifi? Sachez qu’il a presque le même principe de fonctionnement que le Li-Fi (« Light Fidelity « signifiant « transmission par la lumière « ). Pendant que le Wifi utilise les ondes radio pour transmettre les données (internet, photo, vidéo etc…), le LI-FI quant à lui utilise l’éclairage lumineux à base de LED pour transmettre les même données. Retenez donc que la différence majeure est que les ondes du WIFI, sont remplacées par de la lumière, ce qui rend la vitesse de transmission plus rapide. Souvenez vous des lois de la physique qui vous apprennent que la lumière possède la plus grande vitesse à savoir 299 792 458 m/s
Vous connaissez le Wifi? Sachez qu’il a presque le même principe de fonctionnement que le Li-Fi (« Light Fidelity « signifiant « transmission par la lumière « ). Pendant que le Wifi utilise les ondes radio pour transmettre les données (internet, photo, vidéo etc…), le LI-FI quant à lui utilise l’éclairage lumineux à base de LED pour transmettre les même données. Retenez donc que la différence majeure est que les ondes du WIFI, sont remplacées par de la lumière, ce qui rend la vitesse de transmission plus rapide. Souvenez vous des lois de la physique qui vous apprennent que la lumière possède la plus grande vitesse à savoir 299 792 458 m/s
Selon les recherches scientifiques le Li-Fi permettrait d’avoir une
puissance de transmission 100 fois supérieure au Wifi. La technologie
est déjà utilisée dans certains milieux professionnels, notamment en
France, mais des universitaires tentent de la standardiser pour les
particuliers à l’horizon 2020.
Aujourd’hui à Drongouiné, les habitants disposant d’un smartphone ou
d’une tablette et peuvent désormais se connecter à Internet ou regarder
la télévision.
Cependant la limite apparente de cette technologie à ce jour reste le
fait que le spectre lumineux ne puisse pas traverser des murs.
la start-up Li-Fi Led
A 39 ans, Frédérick Balma est à la tête de son entreprise, une
start-up appelée Li-Fi Led Côte d’Ivoire qu’il a fondée en 2014. La
start-up compte à ce jour 12 collaborateurs.
Son choix pour le village de Drongouiné, s’explique par le fait que
celui-ci soit totalement enclavé dans l’ouest de la Côte d’Ivoire et a
beaucoup souffert des différents conflits depuis vingt ans notamment la
guerre du Liberia et la crise ivoirienne. Aussi apprend-il, le réseau
mobile ne passe pas. Les habitants doivent marcher deux heures pour
aller en ville et recharger leur téléphone ou se connecter à la 3G.
Frédérick Balma explique aussi que ce projet a été financé sur fonds
propres. Le kit Li-Fi qui comprend les panneaux solaires, des LED, le
câblage électrique et un récepteur Li-Fi. a coûté 5 millions de francs
CFA (environ 7 600 euros).
« Pour éviter que ça ne coûte trop cher, nous avons
essayé d’être créatifs : par exemple, nous avons fabriqué des poteaux
électriques en plastique recyclé en invitant la population à nous
laisser leurs déchets plastiques. Sur ces poteaux, mais aussi dans
quelques endroits du village comme l’école, le dispensaire, ou la maison
de la jeunesse, on a fixé des LED alimentés par des panneaux solaires. » déclare t-il
Grâce à ce projet, l’agriculture dans la localité pourra connaitre un
essor considérable. Des agronomes ivoiriens font des visioconférences
sur Skype ou envoient des vidéos sur WhatsApp à des agriculteurs locaux
pour leur montrer comment améliorer le rendement de produits.
Ce dispositif, qui fonctionne dans un rayon d’environ 300 mètres, a clairement changé le quotidien des habitants : « les
médecins disposent d’un éclairage permanent grâce aux panneaux
solaires, et peuvent réaliser des accouchements de nuit. Mais surtout,
ils peuvent maintenant se connecter à Internet en temps réel avec des
médecins d’Abidjan s’il y a une urgence. Il en va de même pour les
enseignants qui peuvent utiliser Internet comme support pédagogique. » apprend Frédérick Balma avec fierté avant de poursuivre
« Drongouiné suscite aujourd’hui la curiosité des
habitants de la région. Certains viennent du Libéria ou de Guinée pour
voir cette lumière qui donne accès à Internet ! Dans les villages aux
alentours, il y a un peu de jalousie certes, mais nous n’avons jamais eu
de tentative de vol, car tout le monde a conscience que cela peut
bénéficier à la région. »
Ange Frédérick Balma ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Le
projet qui est aujourd’hui soutenu par la Fédération nationale des
organisations professionnelles de la jeunesse rurale de Côte-d’Ivoire
(FENOPJERCI) compte décrocher des financements de la Banque africaine de
développement, de l’Agence des États-Unis pour le développement
international et du ministère de l’Économie numérique ivoirien afin
d’installer environ 2 000 kits similaires dans des villages ivoiriens,
comme à Zuenoula, dans le centre du pays, ou Dabakala dans le Nord,
avant fin 2017.
L’initiative est parvenue jusqu’aux oreilles du président de la
République Alassane Ouattara, qui a reçu l’équipe de Lifi-Led Côte
d’Ivoire vendredi 4 août où le prix 2017 de la meilleure innovation
numérique ivoirienne de la présidence de la République ivoirienne a été
décerné à Ange Frédérick Balma
Mais Ange Frédérick Balma souhaite aller plus loin :« Avec
5 000 kits, nous devrions couvrir les besoins de l’ensemble des 8 000
villages ivoiriens, dans toutes les régions. Il nous reste donc à en
financer 3 000 pour atteindre nos objectifs ! Nous avons déjà beaucoup
de demandes venant d’autres pays comme Madagascar, la Guinée, le Mali ou
le Burkina Faso… j’espère que nous pourrons à terme montrer qu’avec la
lumière, on peut faire d’une pierre deux coups et apporter la
technologie partout ! »

