Le site Libération.fr vient de raconter la descente aux enfers de
la plasticienne Odile Soudant, à qui
Brad Pitt a fait appel en 2010
pour effectuer la mise en lumière du château de Miraval. Une
collaboration aux termes de laquelle la société de l’artiste a
coulé.
Quand en 2008 Brad Pitt et Angelina Jolie ont déboursé 45 millions d’euros pour racheter à un riche industriel américain le château de Miraval,
ils n’ont pas pour autant de suite rangé leur chéquier. Désireux de
mettre à leur goût ce château-bastide posé dans la commune du Val dans
le Var, les Brangelina ont en effet engagé des travaux pharaoniques
notamment pour exploiter pleinement la lumière naturelle du lieu. Un
désir de parfaire l’œuvre qui plante ses racines dans la passion de Brad
Pitt pour l’architecture ; une passion telle que si sa fille se prénomme Shiloh Nouvel
c’est en hommage à Jean Nouvel. Fin 2010, l’acteur prend alors contact
avec Odile Soudant, plasticienne reconnue qui pendant dix années a
dirigé le département « Lumière » du cabinet du célèbre architecte français.
La quadragénaire qui un an auparavant a créé sa société Lumières Studio. Un pareil coup de téléphone ne peut alors que l’exalter et pourtant. Car si l’icône hollywoodienne lui donne « carte blanche »
pour mettre en lumière le château et trois autres bâtiments du
domaine ; aucun contrat n’a été signé. Mais il est question de traiter
avec une star internationale, de surcroît passionnée et bienveillante
alors Odile Soudant travaille intensément jusqu’à même employer 17 personnes totalement dévolues au projet Miraval. Si les factures sont payées rubis sur l’ongle, Lumières Studio prend en charge les études techniques et la réalisation des installations.
Trois
ans passent, et au printemps 2013, 25 millions d’euros ont déjà été
engloutis par les travaux ; c’est à la fin de l’année que tout bascule. Brad Pitt apprenant ce montant, décide de fermer le robinet à argent.
L’assistant à la maîtrise d’ouvrage a évalué la totalité des frais
facturés par Odile Soudant et sa société à 4,9 millions d’euros. « C’est criminel, répond alors Brad Pitt. Plus aucun paiement supplémentaire. » Mais l’acteur qui traite cette affaire par mail avec un autre interlocuteur qu’Odile Soudant, rappelle la plasticienne : « Odile, j’ai besoin de toi, insiste-t-il début janvier. Viens s’il te plaît. J’ai besoin que tu finisses.»
Dans
l’impasse financière totale, ne percevant plus aucun fonds, Odile
Soudant est contrainte d’avancer l’argent pour payer ses employés et ses
fournisseurs. «Brad, on travaille 24 heures sur 24 mais on a
quasiment arrêté les commandes depuis trois jours à cause du manque
d’argent. Nous n’avons pas été payés depuis le 15 décembre», lui écrit-elle. Mais, trop tard, le couperet tombe, Odile Soudant finit par mettre en demeure la société. Dix jours plus tard Brad Pitt se manifeste enfin (par mail) et c’est la stupéfaction : «Je ne sais pas comment ça se passe en France, mais aux États-Unis, les amis n’attaquent pas les amis, s’offusque l’acteur. Je n’ai été rien d’autre qu’un fan de ton travail. N’attaque
pas. Finissons ce projet et soyons-en fiers. Le travail est trop bon
pour se quitter sur une mauvaise note. La vie est trop courte, mon amie.
(…) Ne perds pas ton temps avec des procédures judiciaires. Suis ta
route d’artiste et ne te préoccupe pas du reste.»
Odile Soudant est sidérée et ne comprend pas le revirement de
l’acteur, la plasticienne lui fait alors part du fait qu’elle est en
train de couler sa boîte et qu’elle ne peut même plus utiliser sa carte
bleue ; et lui implore d’au moins payer les fournisseurs et les
sous-traitants. «J’ai autorisé un paiement hier, répond Brad Pitt la semaine suivante. Je serai à Miraval de lundi à mercredi si tu as besoin de moi.» Mais
la plasticienne ne recevra qu’une partie des fonds des mois plus tard,
et ne sera plus autorisée à remettre les pieds sur le chantier. Pire
encore, le château de Miraval débauchera une de ses ex-salariées pour
finir les installations à sa place. Fort heureusement pour Odile
Soudant, le 19 avril dernier, la cour d’appel de Paris a condamné une
des sociétés de Brad Pitt et Angelina Jolie à lui verser 565 000 euros
dont 60 000 euros au titre d’atteinte à l’image et à la réputation.

