
Comme
ici, pour la fete de Noel, avec Mancho, Terence, Roland, et Ben Muna,
leur avocat - je dois
dire que des mon arrivée a Kondengui ou ils m'ont
accueilli par une standing ovation, et ici, lors de la reunion au Mineur
ou ils ne cessaient de venir pour des photos avec Muna et moi et Mancho
qu'ils disaient 'historiques', j'ai compris
qu'ils avaient saisi instinctivement pourquoi j'étais en prison, quand
les journaux francophones du pays que je lisais, quasi unanimement
parlaient d'autre chose, et mieux, enlevaient toute motivation a mon
texte querelle, et quand certains intellos francophones, pour enfoncer
le clou me disaient 'cliniquement fou.' Les Anglophones, quant a eux,
avaient immédiatement compris mon vécu carcéral dont ils n'avaient
pourtant pas été les témoins - mon interrogatoire a la PJ, toute mon
interrogatoire, se concentrait en effet sur pourquoi j'étais allé en
zone anglophone, pourquoi j'y avais passé deux semaines, ce que j'y
faisais, et qui j'avais rencontré, et uniquement de manière périphérique
sur mon posting de Facebook - que d'ailleurs ma photo prise a Buea avec
Agbor Nkongho illustre -, dont les accusations formelles ont très vite
été vidées et abandonnées comme on sait. Le plus extraordinaire pour
moi, c'est pourquoi la classe intellectuelle francophone, dans sa
totalité, de A a Z, a choisi de ne pas motiver mon texte querelle, et
meme, de démotiver celui-ci en le sevrant de sa relation organique avec
ma visite pourtant publique et publiee avant mon arrestation, en zone
anglophone - il y'a comme une conspiration intellectuelle francophone
pour mater les Anglophones dans le silence total.De mes affaires, je me suis rendu compte hier, les gens de la PJ, directeur, vice-directeurs, ont pour couronner le tout, confisque une chose sans la mentionner dans le papier qu'ils m'ont fait signer a ma sortie de prison le 27, avant mon expulsion du pays - le ndomo ndomo que j'avais acheté a Commercial Avenue a Bamenda a 1500Fcfa, et dont j'avais montré la photo ici - voir en dessous. Durant les premiers jours a la PJ, mes gardes m'appelaient tous 'Ambazonien', avec tout ce que cela comporte comme menace. En prison, a Kondengui, grace aux mets communaux et quotidiens avec les Anglophones, et je les mangeais avec eux chaque jour, au Quartier 3, dans ce qui pour moi est le Parlement Anglophone de Kondengui, la congregation des centaines de détenus anglophones de la zone en guerre - et j'ai vu hier que Biya y envoie des chars d'assaut -, je suis finalement devenu ce que je suis. Un jour un des détenus de ma cellule au Quartier 11, m'a dit ceci: 'le bruit court que les Secessionnistes viennent te voir.' C'est qu'en fait des mon arrivée, ils venaient dans ma cellule une dizaine d'Anglophones par jour, le leadership anglophone m'apportait a manger dans mon Quartier, au point ou j'ai eu peur que, a cause de cette communion, je pourrai être envoyé au SED, dans une autre prison donc, et le leur ai dit. Nous avons trouve un autre moyen, plus efficace, en dehors de la Bibliothèque mise sous surveillance, pour nous voir chaque jour - en frères. Ca me manque deja. But I will keep the faith in deeds.
Concierge de la république.
Patrice Nganang

