Mardi 20 décembre, la plateforme d'échanges de bitcoins
sud-coréenne Youbit annonçait s'être
fait dérober 17 % de ses actifs. Un
braquage informatique qui pourrait avoir été opéré par la Corée du Nord
voisine.
Etranglé par les sanctions internationales, le
régime de Kim Jong-Un serait passé maître dans le domaine des
cyberattaques ciblant les monnaies virtuelles.
Un butin à plus de 80 millions de dollars ?
Décidément,
le destin de Bitcoin croise souvent celui de la Corée du Nord ces
derniers temps. Le 29 novembre dernier, le dernier essai de missile
balistique en date de Pyongyang avait mis le cours du bitcoin sur
orbite, lui faisant gagner plus de 1.000 dollars en 24h. Mardi 20
décembre, c'est au-dessus de l'un des plus violents trous d'air de la
cryptomonnaie cette année que planait l'ombre du dernier régime
stalinien de la planète.
Ce jour-là, la plateforme sud-coréenne
Youbit annonce s'être fait dérober 17 % de ses actifs en une seule
cyberattaque. Fondée en 2013, Youbit est en volume la quatrième bourse
spécialisée dans les échanges de monnaies virtuelles de Corée du Sud. On
y achète et vend des bitcoins, mais aussi des Zcash ou de l'Ethereum.
Pour Youbit, cette attaque est le coup de grâce : en avril dernier, une
première brèche dans ses serveurs avait permis à des voleurs d'emporter
plus de 3.800 bitcoins. Le casse de mardi dépasserait les 4.000 unités. A
peine une poignée des 850.000 bitcoins dérobés à Mt.Gox en 2014, mais
au cours actuel, le dommage pour Youbit s'élèverait tout de même à 82
millions de dollars, que la compagnie, placée en faillite, va tenter de
rembourser aux victimes.
Bitcoin, cible n°1 des attaques DDoS
Pour
Séoul, le coupable est tout désigné : Pyongyang, son turbulent voisin
du Nord, déjà soupçonné de plusieurs attaques sur les autres
cryptobourses du pays, dont Bithumb, l'une des premières du monde, mais
aussi Yapizon et Coinis. La Corée du Sud est l'une des places fortes
pour les monnaies virtuelles : 15 à 25 % des échanges mondiaux sont
traités dans la péninsule. Et la technique employée mardi sur Youbit est
en tous points similaire à l'attaque d'avril dernier. Pyongyang,
évidemment, dément toute responsabilité.
L'affaire Youbit survient alors que, dans le monde entier, les
plateformes échangeant des bitcoins et autres cryptomonnaies sont la
cible d'attaques toujours plus nombreuses. D'après Bitcoin magazine, au
troisième trimestre 2017, les trois-quarts d'entre elles ont été
attaquées. Elles seraient même devenues la cible n°1 des attaques DDoS
(en déni de service). C'est la rançon du succès : d'après une enquête de
la banque Merryl Lynch, le bitcoin est cité avant les GAFA par les
spéculateurs comme leur placement favori.

