
" On a assisté à un remake des propos déjà tenus lors des précédents vœux.
Autoglorification, déconnexion de la réalité du terrain, formules
creuses. A la différence que ce dernier exercice, en plus d'être un
festival de généralités, a été particulièrement anesthésiant et d'une
platitude jamais égalée. Aucune vision sur le plan économique. Ce qui
n'est pas du tout surprenant après 35 ans d'échec durant lesquels il a
réussi l'exploit de faire rentrer deux fois de suite le Cameroun dans
les serres des programmes d'ajustement structurel imposés par le Fmi du
fait de la mauvaise gouvernance entretenue et érigée en méthode de
perpétuation de son pouvoir. Aucune détermination à combattre les
détournements de deniers publics et la corruption dont il est de loin le
principal et premier bénéficiaire. Le récent scandale enregistré autour
du concours de l'Enam n'est que la partie visible de l'iceberg de son
système. On comprend dès lors la raison pour laquelle il ne pouvait pas
en faire cas. Aucune ambition sur le devenir de notre Nation qui est
entrain de chavirer. Trop de contradictions notamment sur la crise
anglophone où il parle de dialogue et encourage en même temps la
répression en des termes à peine voilés. Il est désormais établi que
cette crise ne connaîtra jamais une desescalade tant que Mr Biya est au
pouvoir.
Sur le plan politique, Mr Biya continue à entretenir le
flou. Aucun échéancier précis pour les élections prévues, si l'on se
réfère à la durée officielle des différents mandats. Des mots vagues sur
le processus de décentralisation -qui est en marche dans son seul
imaginaire- et la mise sur pied des institutions prévues dans la
constitution de 1996 soit depuis 21 ans. Sans précision aucune.
Les camerounais ne sont pas dupes. C'est une question de volonté
politique. Ils n'oublieront jamais qu'en 2008 Mr Biya a illégalement et
contre l'avis de l'immense majorité du peuple, modifié l'article 6
alinéa 2 de cette même constitution dans l'unique but de lever le verrou
de la limitation du mandat présidentiel. Les camerounais ne croient
plus au boulanger de la République qui semble oublier qu'il avait déjà
promis la mise sur pied du conseil constitutionnel au cours des vœux de
2013 à la Nation.
À partir du moment où les actes de Mr Biya ont
toujours contredit ses paroles, il est évident que ses vœux pour 2018
seront à l'image de ses 35 ans de règne sans partage. Des paroles qui ne
seront pas suivies d'actes accomplis.
Pour terminer, 2018 est
une année capitale pour le Cameroun. Les camerounais attendent de Mr
Biya un acte qu'il n'a pas eu le courage de décliner durant son récent
vœu du 31 décembre 2017 à la Nation à savoir sa démission. Il ne l'a pas
fait. Nous sommes en 2018. La seule chose qui pourra sauver Mr Biya
durant cette année qui commence est qu'il ne se représente pas à la
future élection présidentielle. Quoiqu'il en soit, Mr Biya sera balayé
par le torrent républicain.
Honorable Jean Michel Nintcheu
Député de la Nation
Député de la Nation

