
Au
cours de l’audience correctionnelle du 14 mars 2018, devant le tribunal
de première
instance d’Eséka, l’actuel directeur général de Camrail ,
Jean Pierre Morel (photo), a ouvert le bal des auditions des prévenus,
dans le cadre du procès relatif à l’accident ferroviaire survenu le 21
octobre 2016 à Eséka, localité située dans la région du Centre du
Cameroun.
Jean
Pierre Morel, apprend-on de sources proches du dossier, s’est exprimé
en présence de son prédécesseur, Didier Vandenbon, Dg de Camrail au
moment de l’accident.
Selon
Jean Pierre Morel, l’entreprise ferroviaire camerounaise a, elle-même,
après l’accident d’Eséka, mis en place une commission d’enquête pour
analyser ce qui avait pu conduire à cette catastrophe. A l’en croire,
les experts commis à cette tâche ont conclu que la survitesse du train, à
partir d’un point du parcours, est à l’origine de cet accident, sans
pour autant qu’on puisse expliquer les raisons pour lesquelles le train a
subitement pris une vitesse anormale.
Dans cette optique, a fait savoir Jean Pierre Morel au tribunal, le transporteur ferroviaire souligne «la nécessité d’une expertise internationale indépendante»,
qui permettrait de mieux comprendre comment ce drame est arrivé, alors
même qu’aucune anomalie n’a été détectée dans la circulation de ce train
depuis son départ de Yaoundé, la capitale du pays.
Au
sujet des wagons ayant été impliqués dans l’accident, l’actuel Dg de
Camrail a rappelé qu’ils ont été acquis au terme d’un appel d’offres
international lancé en 2010 par l’Etat du Cameroun, «à qui incombe par ailleurs les investissements de renouvellement du matériel roulant dont il est le propriétaire» ; conformément à la convention de concession du chemin de fer, qui lie Camrail et l’Etat du Cameroun.
Jean
Pierre Morel a, par ailleurs, souligné que la fabrication des 40 wagons
acquis en 2014, avait été confiée à la société chinoise CSR Nanjing,
devenue premier constructeur mondial.
Le
Dg de Camrail a, en outre, fait savoir que les essais techniques
conformes aux normes et recommandations en vigueur dans le secteur
ferroviaire mondial, effectués avant la mise en exploitation de ces
équipements, ont tous été déclarés concluants.
Embrayant
sur la question de la sécurité à Camrail, Jean Pierre Morel a souligné
que l’application des procédures et règlements, qui avaient déjà court
avant la mise en concession du chemin de fer camerounais, est une
réalité. Et que, fort de ce que la sécurité est «une préoccupation de tous les instants»
au sein de l’entreprise, les exigences sécuritaires de l’époque de la
Régifercam (l’ancien transporteur ferroviaire public), ont non seulement
été respectées, mais que Camrail les a renforcées, en s’appuyant sur
l’expérience du groupe Bolloré en matière de gestion et d’exploitation
des réseaux ferroviaires en Afrique (Côte d’Ivoire, Niger, Bénin et
Burkina Faso).
Après
l’actuel Dg, selon nos sources, le tribunal écoutera, au cours des
prochaines audiences, Didier Vandenbon, Dg de Camrail au moment des
faits, ainsi que le conducteur du train au centre de la catastrophe
ferroviaire d’Eséka, qui avait officiellement fait 79 morts et environ
600 blessés.
Une enquête prescrite et diligentée par les pouvoirs publics, à la suite de cet accident, a «établi les responsabilités à titre principal du transporteur», selon un communiqué publié le 23 mai 2017 par Ferdinand Ngoh Ngoh, le Secrétaire général de la présidence de la République.
Brice R. Mbodiam
Investir au Cameroun


