L'affaire de l'empoisonnement de l'ex-agent double russe Sergueï
Skripal sur le sol britannique
a été ajoutée ce vendredi à l'agenda du
sommet européen programmé les 22-23 mars à Bruxelles, d'où l'UE compte
envoyer un "message clair" selon le président du Conseil européen,
Donald Tusk.
Donald Tusk a indiqué ce vendredi soir avoir eu "un entretien
téléphonique avec Theresa May pour préparer un message clair de l'UE" au
sujet de "l'attaque de Salisbury".
Au menu du sommet européen
Un peu plus tôt, une source européenne avait précisé à l'AFP que le sujet "sera discuté jeudi soir la semaine prochaine" lors du sommet européen réuni
à Bruxelles. "On peut attendre des conclusions" écrites à ce propos à
l'issue de ce Conseil européen qui réunira les dirigeants des 28, a
affirmé cette source.
Londres a provoqué ce vendredi la colère du Kremlin
en jugeant "probable" que Vladimir Poutine ait "ordonné"
l'empoisonnement de l'ex-espion russe, accentuant la confrontation entre
Moscou et des Occidentaux à deux jours de l'élection présidentielle
russe.
Londres en veut au "Kremlin de Poutine"
Le
ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, a assuré
que Londres en voulait au "Kremlin de Poutine" et non à la Russie pour
l'empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia le 4 mars à
Salisbury, petite ville du sud de l'Angleterre.
"Toute mention ou référence à notre président n'est rien d'autre que choquant et impardonnable en termes d'étiquette diplomatique", a aussitôt répliqué le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
"Un événement de ce type ne peut pas être passé sous silence"
La
chancelière allemande, Angela Merkel, a fait savoir ce vendredi qu'il
n'était "pas question maintenant d'un boycott de la Coupe du monde de
football" en Russie cette année. "Il s'agit d'abord maintenant
d'élucider (le crime) et je trouve très bien que le gouvernement
britannique mette la substance à disposition" de l'Organisation pour
l'interdiction des armes chimiques, a estimé la chancelière.
Avant
le sommet européen en fin de semaine, cette affaire d'empoisonnement
sera aussi au programme d'une réunion des ministres des Affaires
étrangères de l'UE à Bruxelles dès lundi.
"Un événement de ce
type dans un État membre ne peut pas être passé sous silence", a
commenté une source diplomatique à Bruxelles, jugeant que "la seule
explication plausible est celle fournie par Londres" dans cette affaire.
"Les sanctions sont compliquées à prendre à 28", a-t-il toutefois
ajouté.
Une enquête sur la mort d'un exilé russe
"Nous
sommes en train de faire preuve de solidarité, d'attendre des
informations du Royaume-Uni, des mesures qu'il prend, de celles qu'il
nous demande de prendre", a commenté une autre source diplomatique,
estimant qu'il fallait "réagir avec force" mais aussi "donner à la
Russie la possibilité de s'expliquer".
Dans une affaire distincte, la police britannique a annoncé ce vendredi l'ouverture d'une enquête pour meurtre sur la mort de l'exilé russe Nikolaï Glouchkov,
dont le corps sans vie avait été retrouvé lundi dans son appartement
londonien. Elle a toutefois précisé ne pas faire de "lien" avec
l'empoisonnement de Sergueï Skripal.


