
La Première
ministre britannique a définitivement une dent contre Moscou. Après
avoir convaincu
ses alliés de se joindre à sa campagne d’expulsion de diplomates, Theresa May a assuré que Londres utiliserait «tous les moyens à [sa] disposition» pour lutter contre la Russie, quitte à déclencher une nouvelle Guerre froide, voire pire.
ses alliés de se joindre à sa campagne d’expulsion de diplomates, Theresa May a assuré que Londres utiliserait «tous les moyens à [sa] disposition» pour lutter contre la Russie, quitte à déclencher une nouvelle Guerre froide, voire pire.
«Tant que nous défendrons nos intérêts et que
nous affirmerons nos valeurs, il y aura ceux qui chercheront à nous
déstabiliser et à nous attaquer. Mais ces personnes ne devraient avoir
aucun doute quant au fait que nous utiliserons tous les moyens à notre
disposition pour les vaincre.»
Le porte-parole de Theresa May s'est par la suite chargé de clarifier
que la Russie était bel et bien visée. Dans des propos recueillis par
Reuters, il assurait que le Royaume-Uni travaillait «avec ses
partenaires internationaux sur une réponse à long terme au problème posé
par la Russie».Dans la foulée, le gouvernement britannique annonçait qu'un rapport sur les capacités pour la sécurité nationale serait publié le lendemain pour faire face à la fois au terrorisme islamiste et au «comportement inacceptable et dangereux de la Russie», placés au même rang de menaces pour le pays.
«Cette nouvelle doctrine de fusion assurera que
nous faisions meilleur usage de toutes nos capacités pour assurer la
défense de notre sécurité intérieure: depuis les leviers économiques
jusqu'aux ripostes militaires, en passant par notre influence
diplomatique et culturelle.»
Sébastien Cochard, ancien diplomate et conseiller au Parlement européen, apparenté FN, ne partage pas cet avis et estimait au contraire que:
«Il s'agit visiblement de faire preuve de
solidarité avec le Royaume-Uni —solidarité entre guillemets puisqu'on ne
peut pas dire que le Royaume-Uni ait été attaqué. On ne sait pas si
c'est un gouvernement étranger qui a commandité cette attaque.»
Au sein de l'appareil diplomatique russe, le comportement agressif et
belliqueux de la Première ministre britannique suscite différents types
de réactions. D'une part, ceux qui considèrent que non seulement
Londres s'enfonce, mais qu'elle entraîne avec elle l'ensemble des pays
du «bloc occidental», à l'image de l'ambassade de Russie à Londres qui
observait qu'il serait difficile de convaincre au-delà des alliances
traditionnelles du Royaume-Uni sans apporter la preuve des accusations
portées contre Moscou.
«C'est l'opinion de près de 160 pays qui
n'appartiennent pas au bloc occidental. Il est évident que personne,
dans un monde plus large [que le seul Occident], ne croirait les
Britanniques sur parole», déclarait l'attaché de presse de l'ambassade
de Russie à Londres.
«L'Ouest doit comprendre que la campagne
antirusse n'a aucun avenir […] Si cela continue, nous serons entraînés
dans une situation de Guerre froide», déclarait Grigory Logvinov,
l'ambassadeur russe en poste à Canberra.


