Après quatre ans de discussion, l’Afrique du Sud, pays le plus inégalitaire du monde, a opté pour la mise en place d’un salaire minimum, ce 7 décembre. Le président Cyril Ramaphosa a finalement signé la loi, qui s’appliquera à partir du 1er janvier 2019.
En Afrique du Sud, le chef de l'Etat reconnaît lui-même que le
futur salaire minimum, qui représente l’équivalent de 1,27 euro de
l’heure et s'appliquera à partir du 1er janvier prochain, est bien trop
faible. Mais Cyril Ramaphosa justifie son choix en affirmant ne pas
vouloir pénaliser une économie sud-africaine en berne.
PRESIDENT PROCLAIMS NATIONAL MINIMUM WAGE EFFECTIVE DATE
The national minimum wage represents a marked increase in income for more than 6 million workers – or 47% of South Africa’s labour force – who at present earn less than R20 an hour.#NationalMinimumWage
Dans le pays, quasiment un travailleur sur deux gagne en dessous de
1,27 euro de l’heure, le montant du futur salaire minimum, à l'instar de
Chris, serveur à Johannesburg. « Je pense que cela va avoir un impact positif, estime-t-il. Je sais que cela m’aidera beaucoup. Je serai assuré d’avoir un salaire fixe plutôt que d’être payé 5 euros pour une journée ».
Faire respecter la loi
La mesure va toucher la plupart des petites et moyennes entreprises
du pays. Un responsable de restaurant, qui souhaite rester anonyme,
devra sûrement se séparer de quelques employés. « Il y a beaucoup de petits commerces, des restaurants ou des bars, explique-t-il. C’est
horrible de voir que l’on sous-paye nos employés. Particulièrement
quand on leur verse 150 euros pour un mois entier de travail. Mais si
vous n’avez pas l’argent, vous ne pouvez plus les employer. Et ils
feront quoi ? Et bien ils partiront ».
Certains craignent une augmentation du taux de chômage. Pour
l’analyste Teddy Bell, cette mesure aura plutôt pour conséquence une
explosion de l’économie informelle et de l’emploi de travailleurs
étrangers.
« Nous n’avons pas assez d’inspecteurs du travail, analyse-t-il. Les
syndicats ne sont pas bien organisés. Cela ne pourra jamais être
complétement respecté. Car l’État n’a pas la capacité de faire respecter
la loi ». D'autant plus que la mesure ne touche pas les
travailleurs domestiques et agricoles, qui représentent 1,5 million
d’employés sud-africains.


