
Lyonel Trouillot, amère comme à l’accoutumée, opine sur la
conjoncture et la situation politico-
économique actuelle d’Haïti. Pour
l’écrivain haïtien qui revendique incessamment l’idéal « de gauche », le
problème majeur de ce pays, ce n’est pas la pauvreté, mais l’inégalité.
L’auteur de la Belle amour humaine, récit avec lequel il s’est
faufilé dans le dernier carré du prestigieux prix Goncourt en 2011,
commente la situation politique et économique d’Haïti, déplore
l’inégalité criante qui constitue, selon lui, le problème majeur
d'Haiti. « […] le problème majeur d’Haïti, ce n’est pas la pauvreté,
c’est l’inégalité », dit-il d’une voix cabossée, avant de clouer au
pilori la communauté internationale qu’il qualifie de « saloperie ».
« Toutes les politiques économiques menées par le gouvernement
haïtien, sous la dictée des institutions internationales, de cette
saloperie qu’on appelle communauté internationale, n’ont fait que
produire plus de pauvreté dans ce pays », lâche, sans complaisance, le
prolifique romancier. Et d’enchaîner : « Plus on est aidé, plus on est
pauvre. Plus on va vers la démocratie, plus on est corrompu. L’occident
chrétien blanc capitaliste, poursuit-il sans langue de bois, a réalisé
la meilleure des parodies. On a les Nations-Unies qui disent que tout va
bien dans ce pays ».
Il n’a pas, encore une fois, raté l’occasion de tacler les
organisations non gouvernementales. « On dirait qu’elles se prennent
pour les bergers du troupeau : les ONG arrivent ici, ne connaissent pas
l’histoire [du pays, ndlr], les instances haïtiennes et décident de
tout. Ce sont des robinsons et des robinsonnes qui arrivent sur une
sorte d’île vierge où ceux qui y vivent n’ont pas la compétence pour
savoir comment organiser leur vie ».
L’écrivain, auteur du titre « Ne m’appelle pas Capitaine » (sorti
cette année 2018 chez l’éditeur Actes Sud), invite à ne pas réduire ce
bout d’île à une caricature. Car pour lui, il y a plein de choses qui
expliquent la réalité haïtienne » : l’histoire, la colonisation, la
période postindépendance », etc. De l’avis de Trouillot, on ne peut
faire fi d’elles, si l’on veut aider Haïti.
Source: loophaiti.com

