
Le président mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz a
appelé à stopper les différentes initiatives
visant à réviser la
Constitution, ce qui lui aurait permis de briguer un troisième mandat.
Le président Mohamed Ould Abdelaziz a ordonné à ses partisans de mettre fin à toutes les initiatives visant la révision de la Constitution pour lui permettre de briguer un troisième mandat,
à ce jour inconstitutionnel, ayant déjà été élu en 2009 et en 2014. Par
un communiqué daté du 15 janvier, il a rappelé sa « position constante,
déclinée à plusieurs occasions, de respect de la Constitution du pays
et de refus de toute révision touchant ses articles 26, 28 et 99 ».
Depuis plusieurs semaines, des ministres – à commencer par le Premier d’entre eux, Mohamed Salem Ould Béchir, et des caciques du parti majoritaire, l’Union pour la République (UPR) – organisaient des manifestations dans différentes wilayas et dans la capitale pour lui demander de se représenter malgré tout.
Mystère sur l’identité de son successeur
La machine s’est emballée début 2019, quand 110 députés avaient
préparé une loi organique modifiant les trois articles précités de la
Constitution, en commençant par l’article 28, qui stipule : « le
président de la République est rééligible une seule fois ». Fort d’une
majorité des deux tiers à l’Assemblée nationale, l’UPR et ses alliés
étaient assurés de faire adopter le texte, comme ils l’avaient prévu, le
mercredi 16 janvier.
Le voile devrait être levé le 5 mars à l’occasion du congrès que l’UPR réunira pour renouveler ses instances et désigner son candidat
Ce vote, qui aurait soulevé une tempête politique en Mauritanie et
suscité la réprobation sur la scène internationale, aurait surtout
contredit les déclarations répétées du président. Celui-ci avait en
effet déclaré qu’il ne modifierait pas la Constitution en sa faveur et
qu’il ne briguerait pas un troisième mandat en mai-juin 2019. Fidèle à
lui-même, Mohamed Ould Abdelaziz a donc choisi de mettre un terme au
projet de ses partisans, même si ses trois Premiers ministres successifs
et son frère d’armes, le général Ghazouani,
y étaient favorables. Son communiqué dissipe définitivement les
soupçons que nourrissait l’opposition « radicale » sur ses intentions
réelles pour la prochaine présidentielle.
En revanche, le mystère demeure total sur le nom du successeur que
soutiendra le président sortant. « À ce jour, absolument personne ne
peut prétendre savoir qui il a choisi », reconnaît un de ses proches. Le
voile devrait être levé, le 5 mars, à l’occasion du congrès que l’UPR
réunira pour renouveler ses instances et désigner son candidat à la
présidentielle. Personne ne doute que celui-ci sera en total accord avec
Mohamed Ould Abdelaziz, qui entend demeurer un acteur majeur sur la
scène politique mauritanienne.

