
Ce devait être la manifestation de tous les dangers. Ce fut une démonstration citoyenne massive, pacifique, et émouvante... Il n’y a eu ni casse, ni provocation. Mais un mouvement sans précédent, déterminé à faire tomber, coûte que coûte, le régime.
Combien étaient-ils en ce 2 février, journée anniversaire des vingt
ans de la révolution bolivarienne, à appeler à "la fin de la dictature" ?
Des centaines de milliers ? Plus d’un million ? Les images, en tout
cas, sont impressionnantes. Car au Vénézuéla, il n’y avait pas que
Caracas, hier, dans la rue. A San Cristobal, Juan Griego, Merida, San
Juan de Los Morros, Barinas et tant d’autres, ils sont descendus en
masse pour dire non à Maduro.
Dans la capitale, où les deux rivaux avaient organisé des
manifestations concurrentes, les manifestants pouvaient se compter.
Cruel. Tandis que Nicolas Maduro, le président ultra-contesté, qui avait
disparu de la scène depuis le début de la crise, appelait ses derniers
quartiers de fidèles à sauver la révolution, ils ont été plusieurs
centaines de milliers, avenue de la Mercedes, à répondre à l’appel du
jeune président autoproclamé par intérim Juan Guaido, le nouvel héros de
l’opposition.
Un peuple à bout
"Il y a encore plus de monde que le 23 janvier" se réjouit Marisa,
étudiante en économie. Ce jour là, quand Juan Guaido s’est déclaré, la
foule des opposants de Maduro était dense, déjà. Cette fois, elle est
énorme. Equipés de drapeaux aux couleurs du pays, de sifflets ou de
cornes de brume, jeunes et vieux, étudiants ou retraités, riches ou
pauvres, ils sont venus en masse, souvent en famille, des quartiers
résidentiels comme des "barrios", pour acclamer le jeune leader qui a
promis, une fois Nicolas Maduro tombé, d’organiser des
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Par nouvelobs.com

