
Un tribunal sud-coréen a approuvé samedi des mandats d’arrêt demandés par le parquet
Le tribunal du district central de Séoul a estimé insuffisants les
éléments à charge présentés contre le PDG de Samsung BioLogics, Kim
Tae-han, soupçonné par le parquet d’avoir détruit des preuves en 2015,
selon Yonhap.
Samsung BioLogics est l’un des plus grands sous-traitants de
produits pharmaceutiques au monde et l’une des dix plus grosses
entreprises de Corée du Sud. L’an dernier, la Commission des services
financiers (FSC) sud-coréenne l’avait accusée d’avoir frauduleusement
exagéré la valeur d’une de ses filiales en vue de son introduction en
Bourse en 2015.
Le tribunal a en revanche validé deux demandes de mandats d’arrêt
présentées contre deux vice-présidents exécutifs de Samsung Electronics,
le navire amiral du conglomérat, pour manipulation et destruction de
preuves dans la même affaire, a indiqué Yonhap, sans préciser les noms des suspects.
Toujours selon Yonhap, l’enquête sur ce scandale s’est
accélérée après la découverte au cours d’une perquisition début mai d’un
serveur informatique et de dizaines de carnets de notes cachés sous le
plancher d’une usine Samsung BioLogics à Incheon, dans la banlieue ouest
de Séoul.
En novembre 2018, la FSC avait infligé à Samsung BioLogics une amende
de huit milliards de wons (6 millions d’euros) et avait suspendu la
cotation de ses titres, dans l’attente d’une éventuelle radiation
définitive de la Bourse. La FSC avait également demandé au parquet de
démarrer une enquête, et à Samsung BioLogics de limoger Kim Tae-han.
La firme pharmaceutique a nié toute violation des règles
comptables, mais s’est excusée d’avoir «semé la confusion» auprès des
investisseurs et de ses clients.
La réputation de Samsung, conglomérat familial qui domine
l’économie sud-coréenne, avait déjà été mise à mal avec la condamnation à
cinq ans de prison pour corruption, en août 2017, de Lee Jae-yong, fils
et dauphin du patron du groupe Lee Kun-hee. M. Lee fils a toutefois été
libéré en février 2018 après l’annulation partielle de sa condamnation
en appel.
Par le Journal de Montréal

