Le président de la République annonce la création d'un fonds
de 225 millions d'euros pour aider les entreprises de l'audiovisuel à
s'unir face aux géants américains.
Emmanuel Macron a appelé ce lundi les acteurs du monde culturel et
audiovisuel à "travailler et à s'engager collectivement" avec le soutien
de l'Etat pour ne pas perdre la bataille" face aux géants américains et
chinois, comme Netflix.
Au cours d'un déjeuner à l'Elysée avec
130 responsables des industries culturelles et récréatives, le chef de
l'Etat a annoncé la création d'un fonds d'investissement dédié de 225
millions d'euros pour aider les entreprises du secteur à se développer,
comme il s'y était engagé durant la campagne présidentielle.
Mais
il a surtout exhorté les auteurs et patrons réunis à l'Elysée, souvent
concurrents, à élaborer "un plan de bataille commun" pour s'adapter au
nouveau paysage mondial, en plein bouleversement avec les offres de
Netflix, Disney ou Apple, et la montée en puissance des acteurs
chinois.
"Je suis fort d'une conviction, c'est que si nous
n'arrivons pas à nous organiser, nous Français, la bataille est perdue.
Face aux défis du numérique (...), c'est d'un engagement collectif dont
nous avons besoin", a résumé Emmanuel Macron, à la veille du festival de
Cannes. Pour lui, cette bataille doit être menée au niveau européen,
sur l'exemple du succès obtenu sur les droits d'auteur et les "droits
voisins" pour la presse en 2018.
Un fonds de 225 millions d'euros
Pour
établir cette stratégie, un plan d'action pour l'industrie culturelle
sera établi, en concertation avec les acteurs du secteur, d'ici la fin
de l'année par le ministre de la Culture, Franck Riester.
Les
entreprises françaises sont "prises en étau" entre "Américains et
Chinois, qui sont à la fois ultraprotectionnistes et
ultra-expansionnistes à l'extérieur. Il est temps que l'UE se réveille",
a affirmé Jean-Noël Tronc, le directeur-général de la Sacem.
Le
ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, précise lui qu'il n'est pas
question de toucher "aux niches fiscales sur la création", notamment la
TVA à taux réduit dont bénéficie le secteur de l'animation.
Le
fonds d'investissement de 225 millions, qui sera géré par BPIFrance, est
l'une des propositions faites par le rapport commandé il y a un an au
producteur Dominique Boutonnat par le ministère de la Culture. "Nous
vivons une crise de financement du cinéma et de l'audiovisuel majeure,
qui s'accélère et qui est une crise du système", a-t-il expliqué.
F.B. avec AFP

