
Ce milliardaire afro-américain s’est engagé, le 19 mai, à rembourser la
dette des 396 étudiants de la
promotion 2019 de l’université Morehouse, à
Atlanta. Un campus fréquenté majoritairement par de jeunes hommes
noirs.Plus riche qu’Oprah Winfrey
Moins
glamour que l’animatrice de télévision noire et millionnaire Oprah
Winfrey, et surtout bien moins célèbre, Robert F. Smith est pourtant à
la tête de la première fortune de la communauté afro-américaine, évaluée
à près de 5 milliards de dollars soit 4,490 milliards d’euros). A
56 ans, M. Smith possède la compagnie Vista Equity Partners, qu’il a
créée en 2000. Moins connue que Microsoft ou Oracle, cette entreprise,
spécialisée dans la vente et l’achat de sociétés informatiques, compte
55 000 salariés à travers le monde.
Pur produit de la middle class
Issu d’une famille vivant aux Etats-Unis « depuis huit générations »,
Robert F. Smith est un rejeton de la classe moyenne afro-américaine qui
a prospéré dans les années 1960. Ses parents, diplômés en sciences de
l’éducation, l’encouragent dans ses études. Devenu ingénieur chimiste,
il passe par l’entreprise Goodyear. Puis, alors qu’il a moins de 40 ans,
l’entrepreneur, convaincu que la technologie crée de la richesse et
améliore la vie, impulse à sa carrière un tournant « business et
management ».
Homme d’affaires discret
A
l’image de son patronyme passe-partout, Robert F. Smith a peu fait
parler de lui au cours de son ascension. En 2013, son nom était encore
inconnu des responsables du futur Musée afro-américain de Washington
auxquels il promettait 20 millions de dollars. Une discrétion dont il
commence à se défaire. Après la mort d’un Afro-Américain tué par la
police en 2014 à Ferguson (Missouri), il s’est inquiété des
discriminations à l’encontre de la communauté noire. Et cette année, il a
participé au Forum économique de Davos.
Généreux donateur
Le
milliardaire ne cesse de soigner son image de philanthrope, notamment
au bénéfice de la communauté noire et de l’environnement. En 2017, il
s’est engagé à donner la moitié de sa fortune de son vivant. En 2016, il
a offert 50 millions à son université d’origine, Cornell (New York).
Passionné de musique, il a été nommé président du conseil
d’administration du Carnegie Hall, à New York, une première pour un
Afro-Américain. Remarié en 2010 à une mannequin, il a baptisé ses deux
derniers enfants, Hendrix et Legend, en hommage à Jimi Hendrix et John
Legend.
Par Le Monde

