Cette réforme controversée, initiée par le président Macky Sall, établit
un nouvel équilibre entre les
pouvoirs en renforçant le caractère
présidentiel du régime sénégalais.
Le poste de premier ministre n’existe plus au Sénégal, suite à une
réforme controversée voulue par le président Macky Sall dès le début de
son second mandat. Mardi 14 mai, un communiqué du gouvernement indique
que « M. le président de la République a promulgué ce jour la loi
constitutionnelle portant suppression du poste de premier ministre ».
Macky Sall avait surpris en annonçant cette réforme,
qu’il n’avait pas évoquée pendant la campagne pour la présidentielle du
24 février, deux jours après avoir prêté serment pour un second mandat
début avril. Elle a été adoptée par les députés le 4 mai à une très large majorité.
Selon
le communiqué du gouvernement, les 32 ministres et trois secrétaires
d’Etat, nommés le 6 avril, sont tous reconduits, sans leur ancien chef
Mahammed Boun Abdallah Dionne, homme de confiance de Macky Sall, qui
restera son bras droit en tant que secrétaire général de la présidence
de la République.
Caractère présidentiel renforcé
Censée
fluidifier le fonctionnement de l’Etat, la suppression du poste de
premier ministre établit un nouvel équilibre entre les pouvoirs en
renforçant le caractère présidentiel du régime sénégalais. L’opposition
et des organisations de la société civile y voient une tentative de
mainmise de Macky Sall sur les principaux rouages de l’Etat.
Le président sénégalais affirme vouloir retisser des liens avec l’opposition et a annoncé la relance, le 28 mai, d’un « dialogue national », afin notamment de discuter de la création d’un organe indépendant pour organiser les élections et d’un futur statut de « chef de l’opposition »,
d’une réforme du système de parrainage ou encore de la date des
prochaines élections locales, prévues en juin mais reportées à décembre.
Le
Parti démocratique sénégalais (PDS, opposition) de l’ex-président
Abdoulaye Wade (2000-2012) a toutefois indiqué qu’il ne participerait
pas à ce dialogue, placé sous l’égide du ministre de l’intérieur, Aly
Ngouille Ndiaye, qu’il juge partial.
Par ailleurs, Macky
Sall a nommé, mardi, à la tête du Conseil économique, social et
environnemental Aminata Touré, marquant le retour en grâce de cette
ancienne première ministre, écartée en 2014 après sa défaite aux
municipales de Dakar face à l’opposant Khalifa Sall.
Le
Sénégal, qui fait figure de modèle démocratique en Afrique, s’était déjà
passé de premier ministre dans les années 1960 sous la présidence de
Léopold Sédar Senghor et au début des années 1980 sous celle d’Abdou
Diouf.
Par lemonde.fr

