
Selon des sources médicales et l'armée, six personnes ont été tuées dans des incidents lundi soir à Khartoum aux abords du sit-in. Au même moment, le Conseil militaire, qui assure l’intérim depuis la destitution du président Omar el-Béchir, et les représentants de la société civile sont parvenus à une première salve d’accords portant sur la structure du futur gouvernement de transition.
Les tensions ont commencé en fin de journée, lundi, au moment où
des groupes de manifestants qui convergeaient vers le sit-in ont été
stoppés par les forces de sécurité. On a pu entendre des tirs nourris et
plusieurs personnes ont été prises en charge par les médecins
bénévoles.
Durant la nuit, d’autres manifestants sont venus grossir les rangs de ceux qui occupent, depuis le 6 avril,
les abords du quartier général de l’armée. Dans une grande confusion,
certains affirmant que des miliciens les auraient attaqués et les forces
de sécurité assurant, elles, que des manifestants les auraient
agressées.
Ces nouvelles violences surviennent au moment où le Conseil militaire et les représentants civils sont parvenus à trouver un premier accord
sur la structure du futur gouvernement de transition, c’est-à-dire
comment sera dirigé le pays jusqu’aux prochaines élections, qui
devraient se tenir dans deux ou quatre ans. Les discussions politiques
devraient reprendre dans la journée ce mardi.
Au même moment, on apprenait que le président déchu Omar el-Béchir
venait d’être inculpé pour le meurtre de manifestants en décembre
dernier, début du soulèvement contre le gouvernement. Une première dans
ce pays qui sort à peine de plus de trente ans de dictature.

