
Plusieurs dizaines de militants du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) dont le vice-président, Mamadou Mota, ont été arrêtés, samedi 1er juin. Le mouvement de l'opposant Maurice Kamto, lui-même en prison depuis janvier, avait appelé à manifester dans plusieurs villes du pays pour dénoncer le pouvoir en place.
Mi-février, Maurice Kamto a été présenté devant le tribunal militaire de Yaoundé où une information judiciaire pour « hostilité contre la patrie » et « insurrection »
a été ouverte à son encontre. En France, le Conseil du barreau de Paris
se mobilise pour demander sa libération. Des lettres ont été envoyées
aux autorités camerounaises et françaises.
Joint par RFI, Maître Jean-Pierre Mignard, avocat à Paris, est à l'initiative du projet : « Dans
une période aujourd’hui tourmentée, bousculée, l’unité du Cameroun est
essentielle. D’ailleurs le président Biya revient sans cesse sur ce
point. Le maintien en détention du professeur Kamto, de surcroît devant
une juridiction militaire, ce qui nous trouble connaissant le sentiment
profondément pacifique de Maurice Kamto, est-ce que cela va dans le bon
sens ? Est-ce que tout cela ne doit pas être repensé ? La solution ne
nous appartient pas car le Cameroun est souverain. Il ne s’agit pas de
pression, entendons-nous bien. Il s’agit d’un sentiment d’inquiétude
partagé avec un pays, son peuple. C’est pour cela qu’avec beaucoup de
considération, nous demandons aux juges militaires de prendre conscience
de l’importance et même de la gravité de la situation, et puis nous en
remettre à la sagesse évidente du président Biya pour que le Cameroun
retrouve le plus rapidement son unité, la paix et que les personnes qui
doivent être mises en liberté le soient le plus rapidement possible », a-t-il expliqué.

